Covid : Autotest, PCR, antigénique, une pénurie de tests pour Noël ?

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Le gouvernement recommande aux Français de se faire dépister avant de se réunir en famille. Mais entre des stocks limités et le manque de personnel, il n'y en aura pas pour toute la population.

COVID - Faut-il craindre une pénurie des stocks de tests anticovid? À l’approche des fêtes de fin d’année, l’exécutif invite les Français à suivre les recommandations du Conseil scientifique pour éviter une flambée épidémique à la rentrée. Parmi elles, le dépistage de chacun avant de se retrouver en famille et entre amis à Noël.

Pourtant, ″tout le monde n’aura pas de test PCR ou antigénique″, prévenait le ministre la Santé Olivier Véran le 16 décembre, ajoutant que ”les pharmaciens et les laboratoires, sur le qui-vive en permanence, ne testeront pas 60 millions de Français en une journée”.

L’ancien député de l’Isère ouvrait alors la voie à une autre option pour alléger la demande de dépistages effectués dans les pharmacies ou les laboratoires: celle des autotests. Ces derniers, qui n’avaient jusqu’alors pas trouvé leur public, font depuis face à une explosion de la demande.

Ruée vers les autotests

Le Président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF), Philippe Besset, contacté par le HuffPost, explique que l’intérêt grandissant pour les autotests fait “suite à la recommandation du Conseil scientifique de l’utiliser comme un test barrière supplémentaire pour les fêtes de fin d’année”. Cette recommandation reprise lors des annonces de Jean Castex le 17 décembre a pris de court les fabricants qui sont ”mobilisés pour fournir le maximum d’autotests”, et a aussi forcé les officines a “adapté les commandes” commente Philippe Besset. “Il y a de nombreux confrères qui sont en rupture de stock (...) On espère avoir des livraisons pour aujourd’hui, demain et après-demain” ajoute-t-il.Près de 80 000 autotests ont été vendus la semaine dernière, et l’affluence pourrait bien grandir à mesure que les fêtes se rapprochent.

Pas de stocks d’autotests

Également joint par l’AFP, Philippe Besset confiait regretter que les pharmaciens n’aient “pas été prévenus suffisamment tôt” pour augmenter leurs stocks. “Ce n’est pas un problème qui va durer longtemps, mais malheureusement il tombe au mauvais moment puisque c’est quand on en a le plus besoin” ajoute-t-il. Finalement non remboursés, cela n’a pour autant pas freiné la ruée vers les autotests, qui coûtent environ 5 euros. En effet, l’Assurance maladie ne prendra pas en charge les autotests de dépistage du Covid-19 réalisés durant la période des fêtes, comme cela avait été anticipé par le principal syndicat de pharmaciens. Une solution avancée par certains, et jusque-là toujours écartée par le gouvernement, aurait été d’autoriser les grandes distributions à les commercialiser. Ces dernières sont demande depuis la fin de la gratuité des PCR et des antigéniques pour les non-vaccinés. “On a encore quelques stocks d’autotests”affirmait ainsi le 8 décembre sur BFMTV Michel-Édouard Leclerc. À noter que l’autotest, bien qu’utile, est loin d’être un “totem d’immunité” et reste “moins fiable” que le test PCR ou antigénique. Ces derniers ont un approvisionnement et une demande relativement stable, mais leur accessibilité pourrait bien aussi poser problème en ces périodes de fin d’année. 

Le plafond de verre atteint

Au total, 6 millions de tests sont effectués chaque semaine. Un résultat auquel contribuent largement les pharmacies, qui doivent aussi vacciner la population, puisque ce sont majoritairement des tests antigéniques qui sont réalisés (à hauteur de 3,7 millions la semaine dernière). Alors que 600.000 tests antigéniques sont réalisés chaque jour, “on a atteint un pic sur les capacités de testing (...) On ne va pas pouvoir aller beaucoup plus loin que ce que nous avons fait ces dernières semaines” estime le président du FSPF. Particulièrement en ce moment, où le personnel est réduit. “C’est une semaine où l’on a généralement moins de monde dans les officines puisque certains prennent leurs vacances à ce moment-là (...) Comme ils sont sur le pont depuis maintenant deux mois c’est difficile de refuser” ajoute-t-il.

Effet boule de neige

Tester l’ensemble de la population la veille ou le jour même de Noël est mission impossible. D’autant plus que le dépistage massif provoque un effet boule de neige. “Chaque fois qu’une personne est dépistée positive, ça induit un nombre de cas contacts supplémentaires et donc une demande qui s’accroît encore plus” insiste Philippe Besset.À l’inverse des autotests, PCR et antigénique sont remboursés pour les vaccinés, soit plus de 90% de la population. Pour rappel, les tests PCR sont les plus fiables et le résultat est obtenu en quelques heures en laboratoire. Il est donc préconisé de l’effectuer le 23 décembre pour avoir les résultats juste à temps.Pour ceux qui n’auront pas l’occasion de se faire dépister en temps voulu, la meilleure protection reste encore d’appliquer consciencieusement les gestes barrières. C’est cet effort commun qui “réduirait le risque de devoir mettre en œuvre des mesures plus contraignantes plus tard” prévenait le conseil scientifique à la mi-décembre.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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