Covid au Pérou: pénurie d’oxygène bien plus importante que lors de la première vague

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Au Pérou, le nombre de cas de Covid-19 a quadruplé par rapport au mois de décembre. La demande en oxygène a donc explosé ces derniers mois, entraînant une pénurie bien plus importante que lors de la première vague l’année dernière. Cette fois, même les cliniques privées de la capitale sont à court. Une pénurie qui contraint des milliers de Péruviens à faire la queue, souvent pendant des jours, devant les rares distributeurs d’oxygène dans l’espoir de pouvoir en acquérir à temps pour sauver leur proche.

Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

Nous sommes à Villa El Salvador, un quartier populaire de Lima. Dans cette rue poussiéreuse, des centaines de bouteilles d’oxygène se dressent à perte de vue, veillées par une foule masquée. La plupart de ces gens ont passé la nuit dehors dans le froid. Debout à côté d’une bouteille d’oxygène encore vide et plus grande qu’elle, Laura Vergara semble à bout : « Ca fait une semaine que je fais la queue et que je dors ici. Mon mari est en insuffisance respiratoire. J’ai supplié l’hôpital pour avoir un lit en soins intensifs mais on m’a répondu qu’il n’y avait plus d’oxygène pour les alimenter. »

Avant de recourir à cette distribution gratuite, cette commerçante et mère de 3 enfants – comme beaucoup d’autres ici - s’est endettée pour acheter de l’oxygène, dont la pénurie a fait exploser les prix.

« J’ai déjà dépensé plus de 20 000 dollars (80 000 soles) pour sauver la vie de mon mari, poursuit-elle, alors que je gagne à peine 270 dollars (1 000 soles) par mois. C’est pour ça que je suis là, je n’ai plus un sou. »

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Son désespoir et son exaspération, tous ici là partagent. Ce jour-là, le dernier de la file a le numéro 550, mais l’entreprise en charge de la distribution d’oxygène ne peut remplir que 200 bouteilles par jour et encore, à moitié seulement, pour qu’il y en ait pour tous.

Dans la matinée, une dispute éclate dans la file d’attente. Certains dénoncent la présence de mafieux qui cherchent à se faire de l’argent en vendant leur place dans la queue, malgré la présence des forces de l’ordre.

Cette situation, on la retrouve aujourd’hui dans tout le pays. Le Chili a proposé de faire don au Pérou de 40 tonnes d’oxygène par semaine, mais cela ne suffira pas à combler le déficit, estimé à environ 100 tonnes d’oxygène par jour.