Covid-19: le "variant porn", une fascination alarmiste et souvent trompeuse

Matthieu Balu
·Journaliste sciences video au HuffPost.
·1 min de lecture
(Photo: Tetra Images via Getty Images/Tetra images RF)
(Photo: Tetra Images via Getty Images/Tetra images RF)

CORONAVIRUS - Non, le variant indien ne risque pas de transformer l’humanité en zombie. Non, l’expression “double mutant” ne veut pas dire qu’il soit plus mortel. Non, la médecine n’est pas en train de crouler sous les nouvelles transformations dangereuses du coronavirus.

C’est pourtant l’impression que vous avez pu avoir ces dernières semaines, voire ces derniers mois. Aux États-Unis, on qualifie désormais cette angoisse de “variant porn”.

Si les variants inquiètent, c’est pour une bonne raison, et pour beaucoup de mauvaises. D’abord, rappelons-le, un virus mute régulièrement, c’est normal et la plupart du temps, cela n’a aucune espèce d’importance. Dans le cas du coronavirus, ces mutations apparaissent en moyenne deux fois par mois dans chaque “branche” du virus, chaque branche abritant désormais des centaines de variants. C’est une évolution deux fois moins rapide que pour le virus de la grippe.

Représentation d'un arbre phylogénétique du virus Sars-cov-2 (Photo: Indian Institute of science)
Représentation d'un arbre phylogénétique du virus Sars-cov-2 (Photo: Indian Institute of science)

Lorsqu’un virus a muté après s’être reproduit dans le corps d’un hôte et qu’il se transmet à un autre individu, il parvient parfois à créer une nouvelle lignée. Il est devenu un variant, une variation du virus d’origine, avec parfois des changements de propriétés qui peuvent en accentuer la gravité: concentration virale plus élevée dans le sang, plus grande stabilité du virus, durée d’infection plus longue...

Une chose est sûre néanmoins, un variant n’acquiert pas de propriétés surnaturelles. Comme l’indiquait avec humour la virologue Angela Ramussen au site Elemental: “le virus ne va pas soudainement acquérir le don de passer à travers les murs”. C’est pourtant ce que la couvertu...

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.