Covid-19: les variants suscitent toujours plus d'inquiétudes en France

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Alors que la France s'apprête à passer la barre des 80 000 morts du Covid-19, la propagation des variants britannique et sud-africain du virus font planer un climat de crainte quant aux prochaines semaines. Mais Olivier Véran, le ministre de la Santé, exclut toujours un reconfinement pour le moment, tout en maintenant un « état de vigilance très important ».

Après les États-Unis (plus de 465 000 morts), le Brésil (plus de 231 500 morts), le Mexique (plus de 166 700 morts), l'Inde (plus de 155 000 morts), le Royaume-Uni (plus de 113 000 morts) et l'Italie (plus de 91 500 morts), la France va, à son tour, dépasser la barre des 80 000 victimes du Covid-19. Hier, lundi 8 février, le bilan s'établissait à plus de 79 400 décès en hôpitaux et Ehpad. Ce même jour, Santé publique France a compté 460 morts dans les hôpitaux, soit le chiffre quotidien le plus élevé en 2021.

La campagne de vaccination se poursuit, avec quelques doutes supplémentaires : bien qu'approuvé au sein de l'Union européenne, le vaccin d'AstraZeneca interroge, après une étude mettant en doute son efficacité contre le variant sud-africain du Covid-19. L'Afrique du Sud, justement, a suspendu sa campagne de vaccination pour cette raison.

Appels à fermer les écoles

Les variants du coronavirus sont à la source des inquiétudes en France. Ils sont plus contagieux et menacent d'aggraver l'épidémie. Celui qui est appelé le Sud-Africain est encore peu répandu dans le pays. « Aujourd'hui, 99% des souches virales qui circulent en France métropolitaine ne correspondent pas au variant sud-africain », rappelle à France Info ce mardi le ministre de la Santé Olivier Véran, qui est toutefois vigilant sur ce qui se passe « en outre-mer, où on peut trouver davantage de variants sud-africains ». « Ça peut éventuellement nous conduire à changer la stratégie », a-t-il ajouté.

Le variant britannique, en revanche, est de plus en plus présent en métropole. Et cette mutation augmente les craintes. Ainsi, le SNMSU (Syndicat majoritaire des médecins scolaires et universitaires) a pris position lundi : constatant « une circulation de plus en plus active du Covid en milieu scolaire (...) avec un nombre croissant de variants », il appelle désormais à la fermeture des écoles. Le SNMSU était pourtant favorable au maintien des établissements ouverts, mais l'évolution de la situation sanitaire le pousse à revoir sa copie.

« Nous ne pouvons pas faire autrement que de tirer la sonnette d'alarme. Cela nous semble être une situation qui devient extrêmement inquiétante. Il faut absolument arriver à casser les chaînes de transmission de manière efficace », explique le docteur Marianne Barré, secrétaire générale du SNMSU.

« Possible qu'on ne soit jamais reconfinés »

Ce mardi, Olivier Véran confirme que les variants « augmentent d'environ 50% par semaine », soit un rythme moins rapide « que les pays qui n'étaient pas sous couvre-feu ». Le ministre y voit « une efficacité des mesures décidées qui permettent de stabiliser la situation sanitaire ». Le reconfinement, souhaité et demandé par beaucoup, n'est ainsi toujours pas à l'ordre du jour. « Il est possible et souhaitable qu'on ne soit jamais reconfinés », a confié Olivier Véran.

Toutefois, le gouvernement reste « dans un état de vigilance très important » et analyse la situation « au quotidien ». Il mise sur les vacances scolaires d'hiver, qui ont débuté le 6 février (zone A) et vont s'étendre jusqu'au 8 mars (zone B), pour ralentir la circulation du Covid-19. Et le ministre de la Santé assure que si l'épidémie devait flamber, comme certains le redoutent, les autorités sanitaires ne seraient pas prises de court.

(Avec AFP)