Covid-19 et vaccination : les essais cliniques ont débuté chez les enfants

Ingrid Bernard
·3 min de lecture
TOPSHOT - A researcher works on a vaccine against the new coronavirus COVID-19 at the Copenhagen's University research lab in Copenhagen, Denmark, on March 23, 2020. - At Copenhagen university, a team of about 10 researchers is working around the clock to develop a vaccine against Covid-19 that could apply for clinical trial before within nine months. The vaccine will be based on two components : the protein which is on the surface of the coronavirus, called the spike protein that researchers express in the lab and then attach it on the surface of a virus-like particle. (Photo by Thibault Savary / AFP) (Photo by THIBAULT SAVARY/AFP via Getty Images)

Alors que la campagne de vaccination contre le Covid-19 a été lancée dans le monde entier, des essais cliniques sont en cours pour étudier la sécurité et l’efficacité des vaccins chez les enfants.

Pourrait-on vacciner les enfants avec les vaccins déjà mis sur le marché ? Telle est la question que se posent de nombreux parents. Si pour l’heure, en France, les vaccins sont réservés aux patients dans les Ehpad et au personnel médical de plus de 50 ans, les chercheurs viennent d’élargir leurs études aux plus jeunes. Le vaccin Pfizer est, pour le moment, autorisé aux plus de 16 ans, celui de Moderna aux plus de 18 ans. Lors des essais cliniques, les vaccins sont d’abords testés chez les adultes afin de confirmer qu’ils sont sans danger pour les essais pédiatriques.

VIDÉO - Covid-19 : le vaccin proposé aux soignants de plus de 50 ans :

“Nous avons étendu la tranche d’âge dans laquelle nous testons ces produits pour inclure les enfants. Selon le vaccin exact, je pense que celui de Pfizer recrute maintenant des enfants de plus de 12 ans. Certains des autres laboratoires sont descendus à 5 ans”, explique Emily R. Levy, MD, spécialiste des soins intensifs pédiatriques et spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques à Mayo Clinic. Pour être administré, un vaccin doit être autorisé pour l’âge spécifique d’un enfant. Ce qui ralentit la phase d’essai. “Le vaccin ne sera administré à aucun enfant tant qu’il n’aura pas été démontré sûr et efficace”, assure Emily R. Levy.

Les enfants sont peu à risque

Une chose est sûre, la vaccination chez les enfants n’est pas encore à l’ordre du jour en France. La raison ? Ils ne sont pas considérés comme des personnes à risque. “Les enfants jeunes sont peu à risque des formes graves et peu actifs dans la chaîne de transmission du coronavirus”, déclarait le ministre de la Santé, Olivier Véran, deux semaines après la rentrée des classes en septembre. “En cas de diagnostic positif de Covid-19, les enfants sont beaucoup moins susceptibles d’être hospitalisés ou d’avoir une issue fatale que les adultes”, précise, de son côté, l’agence nationale de santé publique.

De nombreuses études ont été menées aux quatre coins du monde et semblent confirmer que les enfants jouent peu de rôle dans la chaîne de transmission. Une des dernières études en date, menée par des chercheurs islandais, affirme, chiffres à l’appui, qu’ils attraperaient et propageraient le Covid-19 deux fois moins que les adultes. Si les écoles ne sont pas les principaux moteurs de flambées de l’épidémie, il se peut, en revanche, que des cas s’infiltrent et contribuent à la propagation du virus “à chaque fois qu’un pays perd le contrôle de la maîtrise de la pandémie”. “Les enfants peuvent être infectés et transmettre le Covid-19 à d’autres, mais ils le font moins souvent que les adultes”, confirme Kári Stefánsson, directeur général de la société biopharmaceutique deCODE.

Quoi qu’il en soit, ces essais cliniques étaient particulièrement attendus chez les professionnels de santé. L’Académie américaine de pédiatrie (AAP) appelait, dès mi-novembre, les laboratoires à élargir rapidement leurs essais aux enfants. "Si nous n'ajoutons pas très prochainement d'enfants à ces essais de recherche, il y aura un retard important avant qu'ils puissent accéder à des vaccins potentiellement vitaux. C'est inadmissible", déclarait Sally Goza, la présidente de l'AAP, dans un récent communiqué de presse. Un appel qui a fini par être entendu.

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