Covid-19 : la vaccination des enfants et des ados bientôt indispensable ?

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Photo d'illustration

Pfizer a fait une demande d'autorisation du vaccin pour les 12-15 ans dans l'Union européenne. La question de la vaccination des adolescents "est sur la table", reconnaît Olivier Véran.

Après la vaccination de tous les adultes à partir de la mi-juin et d'ici la fin de l'été, la vaccination des enfants ? Jusqu'à présent taboue, la question n'est plus écartée par Olivier Véran. Alors qu'il expliquait en conférence de presse le 22 avril que la vaccination des enfants n'était "pas d'actualité", le ministre de la Santé a changé de position quelques jours plus tard au micro d'Europe 1, expliquant que "la question est sur la table".

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Si la réponse reste vague, l'enjeu d'une vaccination des enfants et adolescents est important et pourrait devenir le sujet de l'été, une fois la vaccination de tous les adultes entamée.

Un bénéfice individuel mais surtout collectif

"Vacciner les enfants, c'est d'abord les protéger contre le virus. Les formes graves sont rares mais existent, sans oublier le risque de Covid long chez les enfants, qui existe mais est encore très peu documenté", rappelle Elisa, cofondatrice du collectif "Écoles et familles oubliées". Selon les derniers chiffres, sur 28 950 patients hospitalisés, seulement 149 avaient moins de 20 ans. En réanimation, 30 personnes ont moins de 20 ans sur 5 639 patients.

Au-delà d'une protection individuelle des enfants grâce au vaccin, la vaccination des enfants et des adolescents a un intérêt pour l'ensemble de la société. "Les vacciner permet de diminuer le risque qu'un enfant transmette le virus à des adultes qui ne sont pas protégés, par refus du vaccin, parce qu'ils ne peuvent pas être vaccinés, ou parce qu'ils ont une protection faible en raison de leur état de santé", rappelle Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

VIDÉO : Covid-19 : la vaccination des 12-15 ans approche :

"Diminuer le risque d'apparition d'un variant"

Les 0-18 ans représentent un peu plus de 14 millions de personnes en France, soit environ 20% de la population. "C'est un réservoir de circulation important pour le virus. Les vacciner, c'est réduire le risque qu'un variant résistant aux vaccins émerge au sein de cette population, et oblige à recommencer une campagne vaccinale de zéro", ajoute le médecin.

Les pays les plus avancés dans leur campagne vaccinale, les Etats-Unis et Israël, devraient très prochainement ouvrir la vaccination aux plus de 12 ans avec le vaccin de Pfizer, après l'autorisation des autorités sanitaires prévue la semaine prochaine. Une manière d'atteindre plus facilement l'immunité collective, dans ces deux pays où la vaccination commence à plafonner.

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Si la France est encore loin du niveau de vaccination d'Israël et des Etats-Unis où respectivement 62% et 44% de la population ont reçu au moins une dose contre 23% dans l'Hexagone, la question de la vaccination des mineurs risque d'être épineuse lorsqu'elle sera abordée.

Le risque d'une défiance importante

Les différents sondages réalisés en France montrent que l'intention de se faire vacciner diminue avec l'âge, même si ces sondages n'ont pas été réalisés auprès de la population mineure. Leur vaccination nécessitera un double accord : celui d'un parent et du mineur lui-même. 

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Lancés par quelques comptes controversés puis très relayés par la sphère complotiste, les mots-dièses #touchepasamesgosses et #touchepasamesenfants ont été utilisés dans plus de 25 000 tweets fin avril pour exprimer une opposition à la vaccination des enfants.

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"Quand Blanquer dit que le virus circule peu à l'école, ça alimente les antivaccins"

"Il faudra lancer une campagne d'information pour la vaccination des mineurs car elle risque d'être compliquée. Quand Castex et Blanquer répètent que le virus circule très peu à l'école, ce qui est faux, c'est de l'anti-science et ça donne de l'eau au moulin des antivaccins. Ils vont reprendre ces mots pour s'opposer à la vaccination des mineurs et dénoncer la main de Big Pharma ou je ne sais quoi", redoute Michaël Rochoy, qui déplore la communication catastrophique des autorités autour de la circulation du virus chez les plus jeunes. "Il faut une campagne de sensibilisation pour expliquer clairement aux familles les bénéfices et les risques de la vaccination des mineurs", abonde la cofondatrice du collectif Ecoles et familles oubliées.

"Si on commence par vacciner les 16-18 ans durant l'été, on peut espérer sécuriser les lycées durant l'automne, et s'éviter le débat sur les fermetures de classe à la rentrée prochaine, puis descendre sur les classes d'âge inférieures", détaille Michaël Rochoy. Certains épidémiologistes redoutent en effet une quatrième vague cet été ou à l'automne prochain.

VIDEO - Pour Gilles Pialoux, une quatrième vague inévitable cet été

Selon une étude, les parents d'enfants scolarisés au collège, au lycée, ou gardés par une assistante maternelle ont plus de risques d'attraper le Covid que les autres. De quoi permettre de prioriser la vaccination des lycéens et collégiens, âgés entre 12 et 18 ans pour la plupart.

Une autorisation pour les plus de 12 ans cet été ?

L'Agence européenne du médicament a annoncé début mai débuter l'évaluation de la vaccination avec Pfizer chez les jeunes de 12 à 15 ans. Un processus qui met entre 4 à 6 semaines, laissant croire à une possible autorisation au début de l'été.

Pfizer prévoit de demander en septembre à la Food and Drug Administration, l'autorité sanitaire américaine, une autorisation d'urgence pour administrer son vaccin contre le coronavirus aux enfants âgés de 2 à 11 ans.

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