Covid-19: coup d'envoi de la vaccination dans l'UE, les personnes âgées ouvrent le ban

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La campagne de vaccination contre le Covid-19 commence officiellement ce dimanche 27 décembre dans les 27 pays de l’Union européenne. Les doses du premier vaccin autorisé, celui de Pfizer/BioNTech, ont été acheminées sous bonne garde dans les pays et c’est d’abord aux personnes fragiles et aux soignants qu’elles seront administrées. Un signe d'espoir en cette fin d'année de pandémie mondiale. Tour d’horizon européen.

C’est une centenaire qui a été la première vaccinée en Allemagne, et cela dès samedi soir. Avec quelques heures d’avance sur ses voisins, le pays a commencé sa campagne de vaccination dans une maison de retraite.

Edith Kwoizalla, 101 ans, est la première à avoir bénéficié du nouveau vaccin anti-Covid-19. Une maison de retraites pour personnes âgées à Halberstadt en Saxe-Anhalt a décidé de ne pas attendre le début officiel de la campagne de vaccination ce dimanche. Hormis la centenaire, une quarantaine de résidents du foyer et dix membres du personnel soignant ont reçu le vaccin de Pfizer/BioNTech samedi, indique notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut.

Plusieurs dizaines de milliers de doses ont été livrées aux autorités sanitaires régionales qui les ont réparties localement. Les résidents des maisons de retraite, les seniors de plus de 80 ans et le personnel soignant seront les premiers à être immunisés en Allemagne. Des équipes mobiles vont se rendre dans les foyers. À Berlin, par exemple, le personnel soignant devra lui se rendre dans un des six centres de vaccination mis en place.

Le ministre de la Santé a parlé samedi 26 décembre d’un cadeau de Noël, mais aussi souligné que la campagne de vaccination prendra du temps. Jusqu’à fin mars, Jens Spahn table sur 12 millions de doses permettant de vacciner six millions de personnes, une double injection étant nécessaire. Le ministre promet en revanche un retour à la normale à l’automne prochain.

Une campagne de sensibilisation va être lancée. Les deux tiers des Allemands veulent se faire vacciner mais une partie d’entre eux préfère attendre un peu.

En France, les Ehpad d’abord, puis les autres personnes à risque en mai

En France, les vaccinations commencent aussi ce dimanche dans deux établissements pour personnes âgées. Un lancement quasi symbolique mais qui permet de finir l’année sur une note d’espoir : 2020 ne sera pas seulement l’année où plus de 400 000 personnes sont mortes dû au Covid-19 dans l’Union européenne, mais aussi celle qui a vu arriver un début de solution à la pandémie.

L’Espagne a lancé elle aussi sa campagne dimanche dès 8h30 dans une petite ville du centre du pays. Une pensionnaire d'une maison de retraite à Guadalajara (centre) a été la première personne à y être vaccinée dimanche contre le Covid-19, selon les images retransmises par la télévision nationale. Âgée de 96 ans, Araceli Rosario Hidalgo Sanchez a confié, dans un sourire, ne « rien » sentir lorsque le vaccin lui a été injecté. Elle est la première d’un grand nombre de personnes âgées, et d’aide soignants, les deux principales populations qui en priorité recevront le vaccin dans le pays.

Dans une première phase, on assistera à 350 000 vaccination par semaine, soit plus de 4,5 millions en 12 semaines. On calcule que 2,5 millions d’Espagnols seront vaccinés avant le printemps. Les autorités affirment qu’il faut redoubler de prudence. Le ministre de la santé Salvador Ella recommande ainsi de ne pas relâcher l'attention, afin d'éviter une troisième vague.

L’immense majorité des Espagnols approuve cette campagne, selon notre correspondant, François Musseau. « Je pense que les mesures prises sont bonnes, confie ainsi Pedro, qui travaille dans les bâtiments et travaux publics. Les distances de sécurité, les masques, faire très attention et la vaccination. »

Certains se montrent cependant très méfiants, et pensent que cette campagne est surtout un spectacle pour tranquilliser les esprits. Ils seraient 15% de la population, selon les sondages. Maria José, fonctionnaire, est l'une d'eux : « Pour moi, ce n'est que publicité, orchestrée par le gouvernement, affirme-t-elle. Je ne crois rien de tout cela ! »

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Seulement un Italien sur trois prêt à se faire vacciner

En Italie, pays le plus meurtri d’Europe avec 71 000 décès, les cinq premières piqûres ont eu lieu dimanche à l’hôpital Spallanzani de Rome, spécialisé dans les maladies infectieuses.

C’est une infirmière de 29 ans, Claudia Alvernini, qui a reçu la première dose de vaccin sur une estrade installée dans le jardin de l’hôpital Spallanzani et quasiment transformée en plateau de cinéma. Puis une chercheuse, deux médecins et un aide-soignant, qui travaillent aussi dans cet hôpital romain, se sont faits vacciner tour à tour, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir.

Face aux caméras, les premiers vaccinés, visiblement émus, ont fait part de leur espoir de représenter un exemple pour tous les Italiens. Mais, pour le moment, seul un sur trois serait prêt à se faire vacciner. La campagne institutionnelle intitulée « l’Italie renaît avec une fleur » changera peut-être la donne, avec une vaccination gratuite et sur la base du volontariat.

Lundi 28 décembre, les autres régions du pays entameront les vaccinations dans des centres hospitaliers ou des Ephad. L’objectif du gouvernement est de faire vacciner au moins 60 % de la population, avant l’automne 2021. De manière à atteindre l’immunité de groupe. Les lieux de stockage des doses seront contrôlés 24h/24 par des militaires.

En Grèce, les commerçants ont hâte de se faire vacciner

En Grèce, alors que le pays est confiné depuis le mois de novembre, ce dimanche a marqué le début symbolique de la campagne de vaccination contre le coronavirus. Le premier ministre Kyriakos Mitsotakis et la présidente Ekateríni Sakellaropoúlou se sont notamment fait injecter le vaccin dimanche après-midi dans la capitale grecque.

À Athènes, où se trouve notre correspondant Joël Bronner, la confiserie de Christos Tsiliranos, dont les rayons regorgent de friandises et d’alcool, est l’une des rares boutiques à pouvoir ouvrir ses portes et à offrir un peu d’animation aux quelques passants masqués.

« Du point de vue des marchands comme moi, les choses vont enfin aller mieux avec ce vaccin, explique le confiseur, 40 ans et masque blanc sur sur le visage. Nous allons à nouveau pouvoir travailler normalement. Parce qu’au moment où je vous parle, pour les commerçants ici, c’est une immense catastrophe. Je sais que certains ici hésitent à se faire vacciner, notamment la jeune génération. Le fait est qu’ils ne sont peut-être pas en danger, mais que leurs parents le sont. Tout le monde fait ses choix, mais petit à petit je pense qu’ils suivront le mouvement. »

Le mouvement de la vaccination devrait, lui, en tout cas se poursuivre en Grèce tout au long des mois qui viennent. À raison de plusieurs centaines de milliers de doses par mois, Athènes devrait avoir reçu plus d’1 250 000 vaccins d’ici à la fin du mois de mars. De quoi pouvoir prémunir, en théorie, un peu plus de 10% de la population du pays.

Et ailleurs en Europe

La Hongrie, Chypre, l’Autriche, la Roumanie, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Croatie… presque tous les pays sont au rendez-vous ce 27 décembre.

Pour l'instant, seul le vaccin de Pfizer/BioNTech est autorisé par l'Autorité de santé européenne, même s’il pose un défi logistique, puisqu'il doit être stocké à -70°C. Mais plusieurs autres vaccins devraient bientôt suivre, et Bruxelles a déjà passé commande.

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