Covid-19 : un traitement qui permet une immunité immédiate au virus, à l'essai

Ingrid Bernard
·3 min de lecture
This picture taken on May 23, 2020 shows a laboratory technician holding a dose of a COVID-19 novel coronavirus vaccine candidate ready for trial on monkeys at the National Primate Research Center of Thailand at Chulalongkorn University in Saraburi. - After conclusive results on mice, Thai scientists from the centre have begun testing a COVID-19 novel coronavirus vaccine candidate on monkeys, the phase before human trials. (Photo by Mladen ANTONOV / AFP) (Photo by MLADEN ANTONOV/AFP via Getty Images)

Selon le Guardian, des chercheurs britanniques mènent des essais pour développer un nouveau traitement, qui serait une alternative à la vaccination.

Des essais prometteurs. Des scientifiques britanniques expérimentent un nouveau traitement, qui permet aux personnes qui ont été exposées au Covid-19 de développer une immunité immédiate au virus et donc d’éviter de développer la maladie. Cette étude, baptisée Storm Chaser, et menée par l’University College London Hospitals (UCLH) et AstraZeneca, est en phase 3 des essais. Ce traitement par anticorps est actuellement injecté en deux fois à une dizaine de volontaires. “À ce jour, nous avons injecté ce médicaments à dix participants qui ont été exposés à leur domicile au virus”, confie le Dr Catherine Houlihan, virologue à l'University College London Hospitals NHS Trust (UCLH) qui dirige cette étude. Les participants sont suivis de près depuis son injection.

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Selon les chercheurs, ce traitement pourrait être mis sur le marché dès le mois de mars, sous réserve qu’il soit approuvé par les autorités de régulation. Son efficacité serait de six à douze mois. "Si nous pouvons prouver que ce traitement fonctionne et empêcher les personnes exposées au virus de continuer de développer le Covid-19, ce serait un ajout passionnant à l'arsenal d'armes en cours de développement pour combattre ce terrible virus", souligne le Dr Catherine Houlihan.

L’idée serait d’administrer ce traitement d’urgence aux patients hospitalisés et aux résidents des centres de soins pour éviter les flambées de l’épidémie. Il pourrait également être administré à des personnes qui vivent dans le même foyer qu’un individu infecté par le virus. Pour que cela soit efficace, il faut que l’exposition au Covid-19 ait eue lieu au cours des huit jours précédents l’injection du médicament.

Un deuxième essai sur des personnes à risque

Dans un essai distinct, appelé Provent, l’University College London Hospitals cherche à savoir si ce médicament peut également protéger les personnes dont le système immunitaire est affaibli, telles que celles qui subissent une chimiothérapie contre le cancer. L’étude est menée sur des volontaires qui ont récemment été exposés au virus mais qui n’ont pas reçu de vaccin ou chez qui cela n’a pas abouti à l’immunité en raison de leur état de santé. Cet essai est également en phase 3. “Nous recruterons des personnes âgées ou en soins de longue durée, qui ont un cancer ou le VIH, qui peuvent affecter la capacité de leur système immunitaire pour répondre à un vaccin. Nous voulons rassurer quiconque pour qui un vaccin peut ne pas fonctionner que nous pouvons offrir une alternative tout aussi protectrice”, assure le Dr Nicky Longley, consultant en maladies infectieuses à l'UCLH, qui dirige cette deuxième étude.

Quoi qu’il en soit, la prudence est de mise. “Il sera certainement intéressant de voir si ces essais sont efficaces. Mais il est important que tous les nouveaux traitements fassent l'objet de recherches approfondies, examinés et, surtout, sûrs avant d'envisager de les introduire", conclut le Dr Richard Jarvis, coprésident du comité de médecine de santé publique de la British Medical Association.

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