Covid-19 : que sait-on du "variant breton" ?

Maxime Poul
·3 min de lecture
Ce nouveau "variant breton" a été détecté dans un cluster de 71 personnes au sein de l’hôpital de Lannion (Côtes-d'Armor).

En Bretagne, les professionnels de santé des hôpitaux de Lannion et Guingamp (Côtes-d'Armor) ont signalé la semaine dernière l'apparition d'une nouvelle souche du Covid-19 après la détection d'un cluster de 71 personnes à la fin du mois de février.

Il ne s'agit pas du variant britannique mais bel et bien du variant breton. Après la ribambelle de variants du Covid-19 apparus ces derniers mois aux quatre coins du monde selon leur dénomination, un nouveau variant a été identifié à Lannion (Côtes-d'Armor), en Bretagne, d'après les informations du Télégramme. À la fin du mois de février, un cluster de 71 personnes, composé de 44 patients et 27 soignants, a été détecté au sein de l'hôpital local.

Après avoir réalisé des analyses, l'Institut Pasteur a mis en évidence un nouveau variant "porteur de neuf mutations dans la région codant pour la protéine S mais également dans d'autres régions virales", détaille la Direction générale de la santé. Suite au séquençage du génome, il apparaît que ce nouveau variant n'est "pas plus transmissible, ni plus sévère" affirmait l'Agence régionale de Santé Bretagne la semaine dernière, ainsi que la DGS ce lundi soir.

Il semble échapper aux tests PCR

S'il n'est donc a priori pas une source d'inquiétude pour l'ARS, il reste néanmoins préoccupant car il semblerait difficilement détectable, comme le confiait une source hospitalière au Télégramme. "Ce qui nous a préoccupés, c’est le fait que des malades ont fait jusqu’à quatre tests PCR négatifs. Nous avons donc suspecté un nouveau variant, dont la spécificité semblait se traduire par une quasi-absence du virus dans la zone naso-pharyngée, ce qui le rendait donc indétectable."

La DGS a précisé qu'une évaluation était en cours "afin d'apprécier l'impact possible de ces modifications génétiques sur un défaut de reconnaissance par les tests virologiques conduisant à un sous-diagnostic" ainsi que pour "mieux connaitre ce variant". "Des expérimentations vont également avoir lieu afin de déterminer comment ce variant réagit à la vaccination et aux anticorps développés lors de précédentes infections", précisent les autorités.

VIDÉO - Covid-19 : les variants sont désormais majoritaires en France

Pour Santé publique France (SPF) et les Centres nationaux de référence, cette absence du virus dans la zone naso-pharyngée n'est pas alarmante car elle est probablement liée au fait que les patients étaient déjà infectés depuis plusieurs jours. Plusieurs jours après l'infection, la charge virale peut disparaître du nez et de la bouche tout en étant présente dans une autre partie du corps. Reste à savoir pourquoi cela est fréquent avec ce nouveau variant.

Pas "inquiétant", mais "sous surveillance"

La semaine dernière, SPF rassurait sur la transmissibilité de ce nouveau variant en indiquant qu'il ne serait pas lié à la récente montée des cas dans le département costarmoricain. "Le taux d’incidence et le taux de positivité sur la communauté d’agglomération Lannion Trégor diminuent et sont à des niveaux deux fois moindres que dans les Côtes-d’Armor, dans leur globalité. Aucun signal épidémiologique précoce n’a été identifié, à ce jour, en faveur d’une diffusion communautaire à partir de ce cluster", a déclaré l'agence nationale de santé publique au Télégramme.

Si ce variant breton n'est pour l'heure pas considéré comme un variant d'intérêt par les autorités de santé, il a tout de même impacté les services hospitaliers, provoqué l'activation d'une cellule de crise territoriale et est placé officiellement dans la catégorie VUI (variant under investigation / variant sous surveillance) de l’OMS. Cette catégorie est moins importante que la catégorie VOC (variant of concern / variant inquiétant), dans laquelle sont placés les variants anglais, sud-africain et brésilien, qui sont eux plus transmissibles.

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