Covid-19 : les TGV, des clusters en puissance ?

·5 min de lecture
Photo d'illustration

Selon un rapport de l'inspection du travail dévoilé par Mediapart, l'aération dans les rames des TGV est nettement insuffisante face au Covid-19.

A l'heure du déconfinement, les TGV connaissent une forte fréquentation, notamment autour des week-ends, et à l'approche des vacances d'été. La SNCF attendait ainsi un million de voyageurs pour le pont de l'Ascencion.

Si le port du masque est obligatoire à l'intérieur des trains, un rapport de l'inspection du travail pointe du doigt le risque de contamination à l'intérieur des rames de TGV. Selon ce document, dévoilé par Mediapart, la concentration en CO2 est nettement supérieure au seuil recommandé dans les lieux clos recevant du public. Si l'aération est devenu l'un des mots-clés dans la lutte contre le Covid, les TGV ne seraient pas au niveau.

Des failles dans le renouvellement de l'air ?

Les travaux ont été menés sur la ligne TGV qui relie Lyon à Montpellier. Alors que le Haut Conseil à la Santé Publique (HCSP) recommande de ne pas dépasser 800 ppm (parties par million) dans les lieux clos recevant du public, le rapport dévoile que la moyenne sur la ligne Lyon Montpellier a été mesurée à 1380 ppm, avec un pic à 3994 ppm en gare de Valence.

Le syndicat Sud Rail, qui avait procédé à ses propres relevés sur la ligne Paris Lyon, avait déjà alerté mi-avril sur le manque de renouvellement d'air dans les rames des TGV, et pointé du doigt une concentration en CO2 trop élevée.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Des filtres très peu performants

En cause selon Mediapart, la performance du "système de ventilation et de filtration de l’air des TGV", insuffisant pour réduire le risque de propagation du Covid-19. Seul 40% de l'air dans les TGV est de l'air frais, venu de l'extérieur, et donc 60% de l'air recyclé, via le système de climatisation.

Le problème, c'est que les filtres de la climatisation, de type gravimétrique, ne capteraient que 20% au mieux des particules virales susceptibles de favoriser les contaminations par aérosols. Car les TGV ne seraient pas équipées des filtres HEPA, efficaces à près de 100% et qui sont notamment installés dans les avions de ligne ou dans le système d'aération des hôpitaux. 

Le risque des climatisations

En clair, si un passager est contagieux et expire du virus lorsqu'il enlève son masque pour manger par exemple, le virus est potentiellement dispersé dans tout le train par le système de climatisation, ce qui peut entraîner une contamination massive d'autres passagers, qui seraient pourtant loin du malade.

Des cas de contamination par les systèmes de climatisation, comme dans un restaurant, ont déjà été rapportés. Certains médecins s'inquiètent, à l'approche de l'été, du risque de contamination par les climatisations dans les entreprises ou les lieux collectifs, dont on ne sait pas si l'air est recyclé ou éventuellement filtré.

A LIRE AUSSI >> Covid-19 : un médecin met en garde sur le rôle de l'air conditionné dans la transmission 

Les filtres HEPA, la solution ?

Des révélations que déplore le collectif Du Côté de la Science, qui regrette que la SNCF ne soit pas équipée de ses filtres alors que leurs homologues italiens ont investi dans des filtres HEPA pour ses trains. Les filtres HEPA font par exemple partie du protocole sanitaire d'un restaurant californien, élaboré avec un expert en qualité de l’air de l’université du Colorado.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Interrogée par BFM, la SNCF explique que la performance des systèmes de filtration "équivaut à celle d’un masque chirurgical. L’air recyclé subit en permanence un traitement mécanique, hygrométrique et thermique qui permet de diminuer le taux de particules virales diffusées par aérosolisation", détaille l'entreprise la compagnie.

La SNCF se défend

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

La SNCF assure que "les recommandations du Haut Conseil de la Santé publique d’un seuil de taux de CO2 de 800 ppm ne concernent pas le transport ferroviaire mais ne visant que les seuls Etablissements Recevant du Public non ventilés". 

La compagnie affirme se baser sur la réglementation européenne qui fixe le seuil de "5000 ppm dans toutes les conditions d’exploitation" du transport ferroviaire. Or, "les matériels TGV sont conçus pour maintenir un niveau de CO2 compris entre 1000 et 1500 ppm", précise la SNCF.

Mieux vaut porter un masque FFP2 dans les TGV

L'entreprise précise enfin que "le système de ventilation des trains renouvelle la totalité de l’air intérieur des rames toutes les 9 minutes environ dans les TGV et 6 minutes dans les TER ou Intercités grâce à un puissant filtrage qui assure la circulation d’un air renouvelé et assaini dans les rames tout au long du trajet".

Longtemps minimisée, la contamination par aérosol dans les lieux clos semble désormais être l'un des principaux vecteurs de transmission. Face à ces données, la meilleure solution pour éviter le risque de contamination lors d'un voyage en TGV est de s'équiper d'un masque FFP2. Environ 10 fois plus cher qu'un masque chirurgical, il est beaucoup plus protecteur puisqu'il permet d'éviter d'inhaler le virus.

Ce contenu peut également vous intéresser :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles