Paris : les tests antigéniques étaient réalisés... par un étudiant en architecture

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L'individu, qui officiait à Paris, n'avait jamais suivi de cursus médical (REUTERS/Sarah Meyssonnier)

Arrêté dans le XVe arrondissement de Paris, l'individu, qui n'avait suivi aucun cursus médical, aurait été mandaté et formé à la va-vite par un prestataire peu scrupuleux.

Il n'avait manifestement rien à faire là. Un homme âgé de 25 ans a été interpellé ce dimanche 12 septembre dans le XVe arrondissement de Paris, pour avoir réalisé des tests antigéniques de dépistage du Covid-19 alors qu'il n'est ni soignant, ni pharmacien, ni étudiant dans aucun de ces domaines.

France Inter révèle que c'est "un médecin du quartier de la porte de Versailles" qui a prévenu la police de la présence, juste à côté de sa tente de prélèvement, d'une autre tente affichant ses coordonnées en guise de référence médicale, alors qu'il n'avait pas donné l'autorisation correspondante.

L'étudiant alléché par la promesse de "toucher jusqu'à 4 000 euros par mois"

Arrivés sur place, les policiers ont constaté, après une brève discussion avec le jeune homme qui tenait le point de dépistage en question, que celui-ci n'avait rien à voir avec le secteur de la santé. L'individu a en effet expliqué être un étudiant en architecture, qui s'était retrouvé là après "avoir entendu parler d'une possibilité de toucher jusqu'à 4 000 euros par mois".

Selon France Inter, l'individu a affirmé avoir répondu à une annonce d'une société prestataire de service en contrat avec plusieurs pharmacies pour "externaliser" la réalisation des tests. Il avait ensuite été embauché et avait suivi une "formation express" au maniement des écouvillons. À en juger par le ressenti des personnes qui s'étaient fait tester sous sa tente, ladite formation avait d'ailleurs - et logiquement - été insuffisante.

Le prestataire de service sera-t-il inquiété ?

La radio publique précise que le laborantin amateur officiait sous sa tente "depuis deux jours" et qu'il avait "mené une cinquantaine de tests" au total. Si le jeune homme a été libéré après un passage en garde à vue, le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour "exercice illégal de la profession de technicien de laboratoire médical".

Reste cependant à savoir si l'entreprise qui a procédé à ce recrutement hasardeux sera inquiétée par la justice. Cité par France Inter, le porte-parole de l’Union syndicale des pharmaciens d’officine regrette en effet que des sociétés sans lien avec le secteur de la santé puissent assurer ce type de prestations, simplement en signant un contrat avec une pharmacie : "Nous appelons nos adhérents à la vigilance et à ne pas enrichir ces sociétés sur le dos de l'Assurance maladie".

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