Vous avez survécu au Covid-19 ? C’est (aussi) grâce à l’homme de Neandertal

Johanna Amselem
·2 min de lecture

Un duo de chercheurs dévoile que les Néandertaliens ont apporté une variante protectrice aux personnes du monde d'aujourd'hui. Explications.

L’Homme de Neandertal aurait un lien avec… l’épidémie de Covid-19. Plus précisément, les Néandertaliens ont véhiculé une variante protectrice contre le virus. Des chercheurs du Karolinska Institutet (Suède) et de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutive de Leipzig (Allemagne) rapportent que la moitié de toutes les personnes en dehors de l'Afrique sont porteuses d'une variante du gène néandertalien. Ce gène réduit de 20% le risque de nécessiter des soins intensifs pour les patients atteints par le Covid-19, comme le rapporte cette étude publiée dans PNAS et relayée par CNN.

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Cette mutation génétique a été retrouvée dans tous les échantillons d'ADN de Néandertal prélevés et dans environ, 30% des échantillons provenant de personnes d'origine européenne et asiatique. Dans les actes de la National academy of Sciences, les chercheurs rapportent que la région génétique impliquée affecte la réponse immunitaire du corps aux virus à ARN tels que le coronavirus, ainsi qu'au virus du Nil occidental et au virus de l'hépatite C. "Cette région code pour des protéines qui activent des enzymes importantes lors d'infections par des virus à ARN", ont-ils résumé. Pour les chercheurs, c'est peut-être l'une de ces mutations transmises au cours des millénaires qui a aidé les gens à survivre.

Une réduction du risque de 22%

"Nous montrons qu'un haplotype sur le chromosome 12, associé à une réduction d'environ 22% du risque relatif de devenir gravement malade avec le Covid-19 chez une personne infectée par le Sars-CoV-2, est hérité de Néandertal. Le risque relatif d'avoir besoin de soins intensifs est réduit d'environ 22% par copie de l'haplotype de Néandertal", ajoutent les auteurs. Ils précisent que cet haplotype est présent à des fréquences importantes dans toutes les régions du monde en dehors de l'Afrique. Cette découverte pourrait aider à expliquer pourquoi les patients de couleur noire sont plus susceptibles de souffrir d'une maladie grave à coronavirus.

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