Covid-19: la Suisse confrontée à une deuxième vague très forte

Antoine Heulard avec Clarisse Martin
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Test du Covid-19 pour un réserviste de l'armée suisse sur la base militaire de Moudon, le 8 novembre 2020  - Fabrice COFFRINI © 2019 AFP
Test du Covid-19 pour un réserviste de l'armée suisse sur la base militaire de Moudon, le 8 novembre 2020 - Fabrice COFFRINI © 2019 AFP

L'épidémie de Covid-19 s'étend et devient de plus en plus virulente en Suisse. Ce mercredi, 6114 cas supplémentaires confirmés en laboratoire étaient enregistrés par rapport à la veille, selon les chiffres de l'Office fédéral de santé publique (OFSP), et 85 décès supplémentaires dus au Covid-19 ont été recensés, portant leur nombre à 1000 depuis le 4 novembre dernier dans ce pays qui compte 8,5 millions d'habitants.

L'épidémie semble particulièrement virulente en Suisse romande. La région de Genève est devenue la région la plus touchée d'Europe, notait la Radio Télévision Suisse (RTS) le 7 novembre. Le 11 novembre, le taux d'incidence y était de plus de 2000 pour 100.000 habitants. Les autorités ont annoncé mardi que les services de réanimation étaient saturés.

Forte tension

Selon Le Monde, deux cimetières genevois ne pouvant plus accueillir de nouvelles dépouilles ont demandé provisoirement à ce que le centre hospitalier les stocke dans sa chambre froide. A Fribourg, la réquisition d'une ancienne patinoire est envisagée à cette même fin de stockage, poursuit le quotidien du soir.

Pour l'heure, les scientifiques n'ont pas trouvé d'explication catégorique à la virulence de l'épidémie en Suisse romande, avançant toutefois le fait que la proximité de la France a pu influencer, avec la venue chaque matin de très nombreux travailleurs frontaliers qui ont pu participer à la diffusion du virus au-delà de l'Hexagone.

Autre explication avancée: le système politique suisse. Le pays, qui est une confédération, fonctionne avec une décentralisation avancée, et chaque canton est libre d'appliquer certaines règles. Par exemple, bars et restaurants sont actuellement fermés à Genève depuis début novembre, mais restent ouverts à Zurich, en Suisse alémanique.

L'armée en renfort

Pour faire face, l'armée a été appelée en renfort pour épauler les soignants dans les hôpitaux, indiquait France 3 Auvergne - Rhône-Alpes le 9 novembre dernier.

Une situation qui provoque la colère des résidents suisses. "La deuxième vague est beaucoup plus haute que la première et nous avons sans doute trop compté sur l’excellence de nos hôpitaux, en oubliant que c’était en amont qu’il fallait se préparer au choc", juge sévèrement Philippe Eckert, directeur du centre hospitalier universitaire vaudois, dans les colonnes du Monde.

Article original publié sur BFMTV.com