Covid-19 : situation virale "inquiétante" à Marseille, sept nouveaux cas de "B117" détectés

·5 min de lecture

Sept nouveaux cas liés au variant anglais du coronavirus ont été détectés dimanche dans la ville de Marseille, où le maire, Benoît Payan, a jugé la situation virale "inquiétante". Un dépistage massif est prévu et le ministre de la Santé, Olivier Véran, a assuré que tout serait mis en oeuvre, en France, pour empêcher la diffusion de cette nouvelle souche.

La situation virale est "inquiétante" à Marseille, a jugé, dimanche 10 janvier, le maire PS de Marseille, Benoît Payan. Au total, sept nouveaux cas liés au variant britannique du Covid-19 ont été découverts.

Depuis la découverte d'un premier cas lié à ce variant, auquel une vingtaine de cas contacts testés positifs étaient reliés, sept de ces nouveaux cas ont été identifiés comme porteurs de la souche anglaise à l'origine de leur maladie, a précisé dimanche l'éphémère maire écologiste de la ville, aujourd'hui première adjointe chargée de la santé Michèle Rubirola.

Benoît Payan et Michèle Rubirola se sont exprimés dimanche lors d'un point presse organisé dans une caserne des marins-pompiers de Marseille, un peu moins de trois heures avant la mise en oeuvre du couvre-feu, qui, à Marseille comme dans l'ensemble des Bouches-du-Rhône et dans sept autres départements, a été avancé à 18 h, contre 20 h auparavant.

"Désormais chaque minute compte pour endiguer la propagation de la souche anglaise", a poursuivi le maire de la ville. "Il nous faut réagir immédiatement, nous souhaitons que l'on sorte des schémas habituels de la crise et tout faire pour tracer, tester et isoler en urgence tous les porteurs potentiels de la souche britannique".

Intensifier les contrôles aux aéroports

"Une équipe de 40 marins-pompiers a été mobilisée dès hier (samedi) soir" et ce matin "nos équipes sont allées tester cinq premières adresses, des tests de surface ont été réalisés", a encore ajouté l'élu.

Un de ces immeubles "a révélé des traces de Covid dans l'environnement. Par précaution nous avons pratiqué des tests sur les 30 résidents de l'immeuble. Les résultats sont en cours mais deux personnes de l'immeuble sont positives à la Covid-19 et ont été invitées à s'isoler", a-t-il encore poursuivi, assurant que la réponse de la ville et des marins-pompiers à la crise était "inédite en France".

"Je veux que le gouvernement intensifie les contrôles aux aéroports et je demande aux ministres de mettre en place des mesures drastiques concernant les entrées et les sorties du territoire", a encore ajouté l'élu.

"En parallèle, nous nous tenons prêts à opérer une grande campagne de vaccination, dès que le gouvernement nous fournira les vaccins. D'ici là, nous appelons l'ensemble des Marseillaises et des Marseillais à respecter les gestes barrières et les consignes sanitaires".

Des "mesures proportionnées" pour empêcher la diffusion du variant

Alors que huit départements avancent, dimanche, leur couvre-feu à 18 h, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a assuré, dimanche matin sur Europe 1 que "le gouvernement mettait tout en oeuvre pour empêcher la diffusion de ce variant".

"Je ne veux pas que nous vivions" la même situation "catastrophique" qu'en Angleterre et en Écosse, qui ont dû se reconfiner, a-t-il ajouté.

La France prend des "mesures proportionnées" face à une "croissance lente de la circulation du virus", et "s'il y a lieu de prendre des mesures supplémentaires (ce sera) si nous constatons que le virus reprenait une course folle sous la forme d'une vague, ce qui n'est pas le cas à l'heure à laquelle je vous parle", a assuré le ministre, interrogé sur un possible reconfinement.

Un dépistage massif

Jusqu'où le variant circule-t-il en France ? Les autorités sanitaires devraient commencer à y voir plus clair la semaine prochaine, a expliqué Olivier Véran.

Une opération de dépistage massif s'est déroulée samedi à Bagneux, en banlieue parisienne, où un animateur scolaire a été détecté positif au variant.

À Roubaix, dans le Nord, débutera lundi une vaste campagne de tests PCR et antigéniques, comme au Havre fin décembre, avec le variant en ligne de mire grâce à un séquençage génétique.

Mais il y a fort à parier que la mutation, qui semble plus contagieuse, circule déjà activement.

Dimanche, un cas positif au variant britannique a été confirmé dans les Hautes-Alpes par l'analyse des prélèvements effectuée par le Centre national de référence, a annoncé l'Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

La personne positive à ce variant fait partie d'une famille française résidant au Royaume-Uni qui est venue séjourner en France durant les congés de fin d'année. Cette personne et ses cas contacts à risque ont été placés en isolement dès la réception du résultat positif de l'analyse par RT-PCR.

Une livraison de "50 000 premières doses" du vaccin Moderna

Une enquête nationale a été lancée pour en faire une "première cartographie" en se fondant sur tous les tests positifs de jeudi et vendredi.

À l'aune des premiers résultats, ainsi que des probables retombées des fêtes de fin d'année, deuxième sujet de préoccupation, de nouvelles restrictions pourraient être prises.

"Il n'y a pas lieu à ce stade d'envisager la fermeture des écoles", en prolongeant par exemple les vacances de février, a estimé Olivier Véran. Même si les indicateurs de l'épidémie restent inquiétants, a-t-il rappelé, avec en moyenne 18 000 cas par jour et une "pression hospitalière" qui ne baisse pas (2 600 cas graves en réanimation).

Sur le front des vaccins, après de vives critiques sur la lenteur au démarrage de la campagne, le pays devrait "dépasser les 100 000" vaccinés ce week-end, a souligné le ministre, se disant serein face aux "fausses polémiques".

Concernant le vaccin de l'Américain Moderna, qui vient d'être validé par les autorités sanitaires, la France va recevoir lundi "une livraison de 50 000 premières doses", qui seront "dispatchées" d'ici à mercredi dans les zones où le virus circule le plus, a-t-il ajouté.

Avec AFP