Covid-19: le seuil du million de morts franchi aux Etats-Unis

Il s'agit du premier pays à dépasser ce terrible jalon, même si les experts préviennent que le véritable bilan est certainement plus élevé. Retour sur un désastre sanitaire.

Plus d'un million de morts, annonce la Maison Blanche. Une estimation probablement en dessous de la réalité selon des chercheurs. À Washington, les autorités américaines accusent le coup, d'autant que le pays le plus endeuillé du monde par la pandémie connaît une nouvelle hausse du taux de contaminations possiblement sous l'effet de sous-variants d'Omicron. Alors qu'il était descendu à 25 000 cas quotidiens en mars, le pays enregistre désormais une moyenne sur sept jours de quelque 78 000 cas, selon la principale agence sanitaire américaine.

« Nous devons rester vigilants face à cette pandémie et faire tout ce que nous pouvons afin de sauver le plus de vies possible, comme nous l'avons fait avec plus de tests, de vaccins et de traitements que jamais », déclare le président américain Joe Biden dans un communiqué.

Avec plus d'un million de morts dans le pays, le coronavirus a tué environ un Américain sur 330, soit l'un des taux de décès les plus élevés parmi les pays développés (contre environ 1 sur 379 au Royaume-Uni, ou 1 sur 455 en France). En tout, plus de 203 000 enfants du pays ont perdu un parent ou toute autre personne à laquelle ils étaient confiés, selon une étude qui souligne le « profond impact » de la pandémie sur la jeunesse américaine.

Au plus fort de la vague Omicron, le pays avait enregistré plus de 800 000 cas par jour en moyenne, pour un total qui s'établit désormais à plus de 82 millions de cas. Un chiffre, lui aussi, probablement sous-estimé, compte tenu notamment du manque de tests au début de l'épidémie et du succès des autotests, qui ne sont pas systématiquement rapportés aux autorités.

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New York, épicentre de la première vague

Si la côte ouest des États-Unis a été frappé la première, New York, capitale culturelle du pays et hub mondial, située sur la côte Est, a ensuite pris de plein fouet l'impact du virus. De « ville qui ne dort jamais », la Grosse Pomme est devenue ville morte, avec ses défunts entassés dans des camions frigorifiques, ses artères désertées. Ses habitants les plus aisés ont alors quitté la ville, tandis que les moins privilégiés se confinaient.

Sur la place Times Square, un funeste compteur, la Trump Death Clock, totalise le nombre de morts attribué au président Donald Trump « du fait de son inaction » explique son créateur Eugene Jarecki, pour qui 60 % des décès liés au Covid-19 auraient pu être évités si le gouvernement américain avait promulgué des règles de distanciation sociale plus tôt.

La mégapole, qui reste traumatisée, totalise à ce jour plus de 40 000 morts du Covid-19, dont la majeure partie lors de la première vague au printemps 2020.

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Une course au vaccin

Critiqué pour sa lenteur de réaction ou la façon dont il a d'abord minimisé l'ampleur de la catastrophe à venir, l'ex-président Donald Trump a ensuite contribué au développement d'un vaccin en lançant l'initiative « Warp speed », « vitesse de l'éclair » en français.

L'opération consiste à injecter des milliards de dollars d'argent public dans la recherche d'un vaccin, permettant notamment aux entreprises pharmaceutiques de conduire leurs coûteux essais cliniques. Résultat: les premiers vaccins, ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna, sont autorisés en urgence par l'agence américaine des médicaments à la mi-décembre 2020, soit moins d'un an après que les premiers cas en Chine eurent été rendus publics.

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Un pays divisé sur le port du masque

Peu de sujets de société ont récemment autant clivé les États-Unis que les masques ou les vaccins. Entre progressistes défendant la distanciation physique, les masques et les injections, et farouches défenseurs des libertés individuelles rejetant toute intrusion des autorités, la bataille a fait rage jusqu'au sommet de l'État, entre un Donald Trump qui ne portait le masque qu'à reculons et un Joe Biden champion de la vaccination.

Des écoles aux avions, en passant par les commerces, la question du masque a entraîné de nombreuses disputes, qui se sont parfois réglées à coups de feu. Dernier rebondissement en date: une juge de Floride nommée par Donald Trump a levé en avril l'obligation du port du masque dans les transports publics, décision dont le gouvernement fédéral a fait appel. Le pays qui a levé l'obligation de port du masque, ne le conseille désormais qu'en intérieur.

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avec agences

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