Covid-19 : la salive plus efficace que les tests nasopharyngés ?

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Doctor in protective gloves & workwear holding Testing Kit for the coronavirus test. The doctor is collecting nasal sample for a young lady with a sampling swab.

Le prélèvement nasopharyngé s’est imposé comme la méthode de référence pour confirmer la présence du Covid-19. Pourtant, une étude pointe les problèmes suscités par ces tests et propose une alternative.

Une équipe de chercheurs a découvert un protocole innovant : il s’agit de traiter les échantillons de salive avec un homogénéisateur avant les tests PCR. Un processus qui donne une sensibilité plus élevée que les échantillons nasypharyngés (NPS). Ce protocole est détaillé dans The Journal of Molecular Diagnostics.

Une meilleure détection ?

"La salive, comme type d'échantillon pour les tests Covid-19, a changé la donne dans notre lutte contre la pandémie. Elle aide à accroître la conformité de la population aux tests ainsi qu'à réduire le risque d'exposition des travailleurs de la santé pendant le processus de collecte", a déclaré chercheur principal Ravindra Kolhe, Département de pathologie, Medical College of Georgia, Augusta University (États-Unis). Cette étude s’est appuyée sur des échantillons provenant d’un hôpital, d’une maison de soins infirmiers et de tests réalisés directement au volant.

Cette expérience a été découpée en plusieurs phases. Au cours de la première, 28,3% des échantillons ont été testés positifs au SRAS-CoV-2 et provenaient des tests nasopharyngés, de la salive ou des deux. Le taux de détection était plus faible dans la salive par rapport au NPS (50% contre 89,7%). Au cours de la phase 2, 50,2% des échantillons ont été testés positifs pour le SRAS-CoV-2 à partir de la salive, du NPS ou des deux. Le taux de détection était plus élevé dans la salive par rapport aux échantillons NPS (97,8% contre 78,9%). Sur les 85 échantillons de salive testés avec les deux protocoles, le taux de détection était de 100 % pour les échantillons testés avec SalivaAll et de 36,7 % avec le protocole U.

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Une solution plus accessible

Le Dr Kolhe a observé que les problèmes sous-jacents associés à une sensibilité plus faible de la salive aux tests PCR pouvaient être attribués à la consistance gélatineuse des échantillons de salive, rendant ainsi plus difficile l’utilisation de la pipette. Ils ont alors ajouté une étape d'homogénéisation afin de modifier la consistance de la salive et de faciliter l’utilisation de la pipette.

Les chercheurs ont également validé les échantillons de salive dans la stratégie de mise en commun de cinq échantillons. Les résultats des tests regroupés ont démontré une concordance positive de 95%, et la concordance négative s'est avérée être de 100%. "La surveillance du SRAS-CoV-2 restera un besoin de santé publique. L'utilisation d'une méthode de prélèvement non invasive et d'échantillons facilement accessibles comme la salive améliorera les activités de dépistage et de surveillance et évitera le besoin d'écouvillons stériles, de supports de transport coûteux et le risque d'exposition, et même le besoin de travailleurs de la santé qualifiés pour le prélèvement d'échantillons", a résumé Dr Kolhe.

En avril dernier, l’Académie de médecine avait également rappelé que le prélèvement nasopharyngé n’était pas sans risque. Elle avait alors encouragé les professionnels de santé a toujours s’enquérir préalablement d’éventuels antécédents accidentels ou chirurgicaux de la sphère ORL pouvant modifier l’anatomie des cavités nasales et sinusales. Elle recommandait également de maintenir la tête en position naturelle avec le menton parallèle au sol et d’introduire l’écouvillon en suivant horizontalement le plancher de la cavité nasale et ne le dévier en aucun cas vers le haut, en direction de la base du crâne.

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