Covid-19 : les routiers traités comme des "pestiférés"

Journaliste au journal La Croix, Jean-Claude Raspiengeas a mené une enquête exceptionnelle sur les routiers. "Le mépris, c’est la condition habituelle des routiers. Ils se plaignent d’être méprisés là où ils livrent, là où ils déchargent. Ils ont une très mauvaise image dans la société. Mais pendant la crise du Covid-19, ils ont été traités comme des pestiférés", explique l'auteur du livre Routiers, ils sont au coeur de nos vies sur franceinfo mercredi 10 juin. "Personne ne leur reconnaissait quoi que ce soit" Et le journaliste d’ajouter : "Ils apportaient les médicaments, ils apportaient les masques, ils apportaient de quoi alimenter les supermarchés. Mais personne ne leur reconnaissait quoi que ce soit. Il a fallu presque deux semaines pour qu’il y ait une parole officielle pour les enrôler dans les premiers de corvée. Et à ce moment-là, après la colère, on était au bord de la révolte. Ils n’en pouvaient plus. Il y avait beaucoup de vidéos sur les réseaux sociaux de chauffeurs qui se filmaient en roulant, qui explosaient de rage. Et la société ne se rendait pas compte qu’ils apportaient tout. Ils sont invisibles."