Covid-19: la reprise épidémique se confirme en France, Macron va parler mardi

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Emmanuel Macron va s'adresser aux Français mardi à 20H00, alors qu'une reprise de l'épidémie de Covid-19 se confirme en France, notamment en raison de la baisse des températures, d'une vaccination qui plafonne et du relâchement des gestes barrières.

"L'Europe est redevenue l'épicentre de l'épidémie" avec des "reprises parfois spectaculaires (...) En France, nous constatons une reprise légère à ce stade mais certaine", a relevé vendredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Il visitait alors une pharmacie parisienne, où il a assisté à l’administration d'une troisième dose de vaccin anti-Covid à une femme de 67 ans.

"Nous sommes face à une haie dont nous ignorons la hauteur. Mais nous avons les outils pour la franchir", a-t-il ajouté, en confirmant que le chef de l'Etat s'adresserait aux Français "très prochainement" pour faire le point sur l'épidémie, mais aussi sur la relance économique et les réformes.

L'Elysée a ensuite précisé que l'allocution aurait lieu mardi à 20H00, sans doute dans la foulée d'un Conseil de défense sanitaire. De sources gouvernementales, elle sera calquée sur le modèle de l'allocution du 12 juillet, où Emmanuel Macron avait notamment annoncé l'extension du pass sanitaire, dont le Parlement a autorisé vendredi le possible recours jusqu'au 31 juillet 2022.

Se posera notamment la question du conditionnement du pass sanitaire à une troisième dose de vaccin, devenu le cheval de bataille du gouvernement. En déplacement vendredi à Montpellier, le Premier ministre Jean Castex a dit à l'AFP que l'exécutif réfléchissait à cette piste "sans doute plus que la piste de la vaccination obligatoire pour les plus de 65 ans". Il a promis une "réponse bientôt".

- Retour du masque dans des écoles -

La France est en avance sur nombre de ses voisins, avec près de 75% de sa population ayant reçu un schéma vaccinal complet. Mais la cadence de l'été est retombée.

Vendredi l'agence nationale de santé publique faisait état de 8.998 nouveaux cas et d'un taux de positivité de 2,4% sur les sept derniers jours. Une semaine auparavant, ce taux, qui mesure la proportion de cas parmi les personnes testées, n'était que de 1,9%.

Cette reprise s'est amorcée depuis octobre, comme en témoignent d'autres indicateurs. La semaine du 25 octobre, le taux d'incidence s'inscrivait déjà en hausse de 12% par rapport à la semaine précédente.

Autre indicateur clé : le taux de reproduction, qui mesure le nombre moyen de cas secondaires provoqués par une seule personne infectée, est "au-dessus de 1" depuis trois semaines également.

Le masque va d'ailleurs redevenir obligatoire lundi dans les écoles de 39 départements où les élèves avaient pu l'ôter.

Comment expliquer ce regain ?

"C'était prévisible" pour plusieurs raisons, a avancé vendredi sur France 2 Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Tenon. "La vaccination: elle plafonne, on n'a pas fait le plein. Les conditions hivernales: moins de ventilation, plus de regroupements, et la baisse des gestes barrières".

- "C'est maintenant que ça se joue" -

"On pouvait s'y attendre à la rentrée, compte tenu de la contagiosité du variant delta, de l'efficacité vaccinale, qui ne suffit pas à elle seule à contenir l'épidémie, et d'une couverture vaccinale incomplète", dit aussi à l'AFP l'épidémiologiste Mircea Sofonea.

La question était plutôt de prédire quand aurait lieu ce rebond. Il arrive en France plus tard que dans d'autres pays européens, notamment ceux d'Europe de l'Est, beaucoup moins vaccinés. Ou même que chez les voisins du Nord, comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, où le froid est arrivé plus tôt, et dans une certaine mesure l'Allemagne, moins vaccinée.

Jeudi l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est alarmée du rythme "très préoccupant" de transmission du Covid-19 en Europe, qui pourrait déboucher sur un demi-million de morts supplémentaires sur le continent d'ici février.

La situation française est-elle si inquiétante ? "Pas pour le moment", rassure Mircea Sofonea, car "on connaît maintenant les leviers pour agir". Mais "c'est maintenant que ça se joue", insiste l'épidémiologiste. Car "si le taux de reproduction continue à augmenter, il pourrait y avoir des situations de tension localement" dans les hôpitaux.

Déjà, la préfecture de la Creuse a appelé jeudi à ne pas relâcher les efforts sur la 3e dose de vaccin et les gestes barrières, après une flambée de cas de Covid-19 qui pourrait être liée à la tenue de plusieurs événements festifs pour les retraités.

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