Covid-19 : le relâchement de la pression est-il raisonnable ?

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé que les chiffres de l'épidémie de Covid-19 sont sensiblement en baisse depuis cinq jours. Mais ils ne sont pas bons : le 21 avril, 30 000 étaient hospitalisés en France, et 6 000 en soins critiques. Les soignants ne sont pas optimistes. Gilles Pialoux, infectiologue à l'hôpital Tenon, à Paris, trouve le calendrier de relâchement prévu "déconnecté". "Déconnecté de ce que l'on sait, de la menace des variants", affirme-t-il. "Dans la durée, tout le monde sera malheureux" Le nombre de contaminations oscille entre très légère baisse et plateau haut, et la perspective de réouverture des écoles inquiète. Une réouverture signifie automatiquement une augmentation des contacts, donc des contaminations.De plus, le volet santé mentale est lui aussi mis dans la balance. "Les Français ont besoin d'une vie plus riche, ils ont besoin d'un accès à la culture, à l'autre. Ce sont des nécessités à l'être humain (...). Dans la durée, tout le monde sera malheureux" analyse Nicolas Franck, psychiatre au centre hospitalier Le Vinatier, à Bron (Rhône).Par ailleurs, un quart de la population a désormais reçu une dose de vaccin : c'est la stratégie principale du gouvernement pour contrer l'épidémie.