Covid-19 : pourquoi le réchauffement estival ne stoppera pas l'épidemie

Ingrid Bernard
·2 min de lecture
Covid-19 : pourquoi le réchauffement estival ne stoppera pas l'épidemie
Covid-19 : pourquoi le réchauffement estival ne stoppera pas l'épidemie

Le réchauffement estival permettra-il de stopper l’épidémie de Covid-19 ? Des chercheurs de l’université américaine Princeton sont plus que dubitatifs.

Le Sars-Cov-2, le virus qui cause le Covid-19, est-il saisonnier ? Peut-on espérer un retour à la normale avec l’arrivée de l’été en France ? Depuis plusieurs semaines, les scientifiques du monde entier se demandent s’il existe, ou non, une corrélation entre la météo et l’épidémie. En effet, le climat, en particulier l’humidité, jouent un rôle dans la propagation d’autres coronavirus et de la grippe. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans le cas du Sars-Cov-2 ?

Pour répondre à cette question, des chercheurs de l’université américaine Princeton ont mené une vaste étude publiée ce lundi 18 mai dans la revue Science. Ils ont modélisé plusieurs scénarios, dans plusieurs régions du globe, avec différentes températures et niveaux d’humidité. Résultat : le lien entre le climat et la propagation du virus est tellement infime qu’il est trop ambitieux de croire que le Covid-19 disparaîtra avec le réchauffement estival. “Nous prévoyons que les climats plus chauds et humides ne ralentiront pas le virus dans les stades initiaux de la pandémie”, explique Rachel Baker, chercheuse en post-doctorat à l’université de Princeton, dans un communiqué.

Vers un virus hivernal

“Le virus se propagera vite, quelles que soient les conditions climatiques”, ajoute la scientifique. En cause, la faible immunité collective contre le Sars-Cov-2. Les chercheurs estiment qu’à ce stade, trop peu de gens ont été infectés par le virus pour stopper sa progression. Selon l’Institut Pasteur, moins de 5% de la population en France serait immunisé contre cette forme de coronavirus. Les experts considèrent qu’il faudrait que 50 à 60% de la population soit infectée pour développer une immunité collective. C’est seulement à partir de ce moment que le virus pourra devenir saisonnier.

"D'autres coronavirus humains, comme ceux du rhume, dépendent fortement de facteurs saisonniers, en culminant pendant l'hiver en dehors des tropiques", explique le professeur Bryan Grenfell. "Si, comme c'est probable, le nouveau coronavirus est également saisonnier, on peut s'attendre à ce qu'il se transforme en virus hivernal au fur et à mesure qu'il deviendra endémique dans la population".

Pour les auteurs de cette étude, cela ne fait aucun doute : “les régions tropicales et tempérées doivent se préparer à des épidémies sévères, et que les températures estivales ne vont pas contenir la propagation des infections". La patience est donc de rigueur.