Covid-19 en RDC: morosité au marché central de Kinshasa victime du couvre-feu

·2 min de lecture

Depuis vendredi soir, la RDC vit sous couvre-feu, le premier depuis le début de l’épidémie. La mesure s’étend de 21h à 5h du matin pour une durée illimitée afin de ralentir la propagation du coronavirus. Une situation qui entraîne une crise économique.

Avec notre envoyé spécial à Kinshasa, Sébastien Németh

La pluie a transformé le sol en boue, donnant un visage encore plus morose au marché central où l’épidémie de coronavirus a plombé l’activité. Davigny Nzungu vend oignons, ails et épices diverses. Elle a constaté le même phénomène que tout le monde : une inflation généralisée, due notamment à la fermeture des frontières qui a duré plus de trois mois. « Vu qu’il n’y avait rien qui entrait et rien qui sortait, c’était difficile et puis il y avait peu de stock. Les clients ont moins d’argent, nous ici on vend de la très bonne qualité, mais vu que les gens n’ont pas assez d’argent, ils achètent peut-être ceux qui sont pourris ou ceux qui ne sont pas bien », explique la commerçante.

Mais le coronavirus étant chez les pays voisins, le marché central subit indirectement les restrictions appliquées à l’étranger. Ce qui ne facilite pas la tâche de Marie-Jeanne Buamba, vendeuse de riz, haricots et semoule depuis plus de vingt ans : « Le coronavirus a compliqué la logistique. La semoule blanche par exemple arrive de l’Angola. Or là-bas ils sont confinés. Donc il y a une pénurie. On n’en trouve plus à Kinshasa. Les autres produits arrivant sont plus chers, donc on vend plus cher. »

Résultat, les clients ne sont pas contents et les vendeurs comme Jordan Milinga sont un peu démunis, d’autant que le couvre-feu lancé vendredi, aggrave la situation : « Les clients disent toujours que les prix augmentent, ils se plaignent beaucoup. Moi je ne sais pas, je ne peux pas répondre à ça. »

Vu la morosité ambiante, les commerçants du marché central se raccrochent toutefois à une chose : ils vendent de la nourriture, ils auront donc toujours un minimum de clients pour acheter leurs produits.