Covid-19 : les réanimateurs craignent d'avoir "deux patients mais une seule place"

·2 min de lecture

41 directeurs de crise de l'APHP ont signé une tribune dans le JDD, expliquant qu'ils craignent de devoir faire un "tri" de patients en réanimation. Mais que signifie exactement "faire le tri" ? Qui décide des malades à privilégier ?

41 directeurs de crise de l'APHP ont signé une tribune dans le , expliquant qu'ils craignent de devoir faire un "tri" de patients en réanimation. "L'épidémie de Covid-19 est de nouveau en progression constante dans toutes les régions, et l'Île-de-France se retrouve malheureusement parmi les régions en première ligne. Dans les quinze prochains jours, les contaminations ayant déjà eu lieu, nous avons une quasi-certitude sur le nombre de lits de soins critiques qui seront nécessaires et nous savons d'ores et déjà que nos capacités de prise en charge seront dépassées au terme de cette période", s'inquiète le groupe de professionnels de santé. Mais que signifie exactement "faire le tri" des patients ? Sciences et Avenir fait le point avec le Professeur Frédéric Adnet, professeur de médecine d'urgence, chef du service des urgences de l'hôpital Avicenne et du Samu de Seine-Saint-Denis et signataire de la tribune du JDD.

Sciences et Avenir : Avec les contaminations qui ne cessent d'augmenter, quand craignez vous de devoir faire un tri à l'hôpital et qu'est-ce que cela signifie concrètement ?

Pr Frédéric Adnet : En réalité, sous couvert de déprogrammation, on a déjà commencé à faire un tri à l'hôpital. Pour le moment, c'est un tri acceptable éthiquement, c'est-à-dire qu'on ne sacrifie pas des vies. Mais tous les jours, il y a des gens qui ont besoin de l'hôpital et à qui on ne peut pas fournir de soin, car il faut réserver la place à quelqu'un d'autre. Derrière le terme de déprogrammation se cachent des patients qui venaient pour un dépistage de cancer par exemple mais qu'on ne peut pas prendre en charge pour laisser de la place aux patients atteints de Covid-19.

Pour vous, c'est donc déjà une forme de tri ?

Oui. On a employé le mot de déprogrammation mais ce qu'on fait, en réalité, c'est du tri. Dans les pathologies chroniques, quand vous ne dépistez pas un cancer, vous allez retrouver votre patient plus tard, avec un cancer dans une phase plus avancée et avec un risque de[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi