Covid-19 : ce qu'il faut retenir du point d'étape du Premier ministre après deux semaines de confinement

Un appel à "ne pas relâcher nos efforts, mais les amplifier". Le gouvernement avait laissé fuiter que le Premier ministre ne prendrait pas, jeudi 12 novembre, de nouvelles mesures pour durcir le confinement instauré il y a deux semaines. Au cours de ce nouveau point d'étape, Jean Castex, entouré des ministres de la Santé, de l'Economie, de l'Education et du Travail a dressé un premier bilan et donné des pistes concernant l'évolution des mesures sanitaires contre le Covid-19. Voici les principaux points à retenir de cette allocution. >> Retrouvez les dernières informations sur l'épidémie de Covid-19 dans notre direct Rien ne change jusqu'au 1er décembre "Nous avons décidé de maintenir inchangées, au moins pour les 15 prochains jours les règles du confinement", a annoncé le Premier ministre. Après un Conseil de défense jeudi matin, le gouvernement ne touche pas aux contours de ce reconfinement, moins drastique que celui du printemps dernier. Depuis le 31 octobre, les déplacements ont diminué, tout comme la circulation du virus sur le territoire, a expliqué Jean Castex. "Les règles de déplacement ne changeront pas par rapport à la situation actuelle", a affirmé le Premier ministre. Les attestations dérogatoires de déplacement sont toujours nécessaires. Elles le sont d'ailleurs encore au-delà du 1er décembre, même si une amélioration des indicateurs de l'épidémie de coronavirus permet à ce moment-là d'alléger le confinement.Les écoles, collèges et lycées restent ouverts Dans les établissements scolaires, rien ne change non plus. Le protocole sanitaire renforcé le 2 novembre reste de mise. "Ces nouvelles mesures, applicables depuis le 2 novembre, consistent surtout en la limitation des brassages (...) et la généralisation du port du masque pour tous les élèves, dès le CP", a rappelé le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Des tests antigéniques seront par ailleurs déployés à partir de la semaine prochaine "dans les établissements scolaires, à destination du personnel enseignant" et de l'ensemble du personnel scolaire, a ajouté le ministre de la Santé, Olivier Véran. Le pic des hospitalisations attendu pour la semaine prochaine L'effet du reconfinement commence à se faire ressentir sur la courbe des nouvelles contaminations. Pour autant, cette baisse du nombre de cas positifs ne se ressent pas encore dans les services de soins intensifs. Le "pic du mois d'avril" en nombre d'hospitalisations liées au coronavirus (32 000) a été franchi en France. "Nous comptons ces derniers jours une hospitalisation toutes les 30 secondes et une admission en réanimation toutes les trois minutes", a expliqué le Premier ministre. Avant de préciser : "40% des personnes admises en réanimation ont moins de 65 ans."L'évolution des indicateurs hospitaliers sera déterminante dans les prochains jours. "Nous pensons que le pic de la deuxième vague pourrait être atteint dans nos hôpitaux en début de semaine prochaine", a précisé Jean Castex. Avant d'ajouter : "Il serait irresponsable de lever ou d'alléger le dispositif dès maintenant". Les commerces non-essentiels restent fermés Au moment d'annoncer le reconfinement, plus souple que celui adopté lors de la première vague au printemps, Emmanuel Macron avait donné rendez-vous aux commerçants mi-novembre. Le Premier ministre a douché tout espoir d'une réouverture dans les prochains jours. "Les commerces fermés au titre du confinement le resteront au moins pour quinze jours supplémentaires", a-t-il déclaré.L'exécutif a toutefois tenu à réitérer son soutien aux commerçants concernés. "Toutes les mesures économiques massives (…) continueront de s'appliquer dans les 15 jours qui viennent", a rappelé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, détaillant les dispositifs financiers mis à disposition de ces derniers. "Notre objectif est bien de pouvoir parvenir à la réouverture avant les fêtes de fin d'année", affirme Jean Castex. Bars et restaurants devront encore attendreSi les indicateurs sanitaires continuent de s'améliorer, comme l'espère le gouvernement, les commerçants pourront rouvrir leurs portes le 1er décembre sur la base d'un protocole sanitaire renforcé. Bruno Le Maire a indiqué ce nouveau protocole pourrait porter sur un renforcement de la jauge ou encore la mise en place de prise de rendez-vous, pour les commerces le permettant. Les établissements recevant du public et ne permettant pas le port continuel du masque, tels que les bars, les restaurants et les salles de sport ne seraient pas concernés par cette première réouverture.Un nouveau dispositif pour prendre en charge les loyers des commerçants Un crédit d'impôt de 50% du montant des loyers sera par ailleurs accordé à tous les bailleurs qui accepteraient de renoncer aux loyers du mois de novembre pour les locataires d'entreprises de moins de 250 salariés. "Un petit bailleur" qui louerait un local à une entreprise pour un loyer de 600 euros bénéficiera de "300 euros de crédit d'impôt", a expliqué Bruno Le Maire. Son "locataire, lui, du coup, n'aura pas à payer son loyer en novembre. Cela l'aidera à passer cette période difficile". Ce dispositif "simple, massif et nouveau" sera inscrit dans le budget 2021. Les fêtes de fin d'année en petit comité Concernant les festivités de Noël et du Nouvel an, le Premier ministre s'est montré prudent : "J'espère que nous pourrons passer des fêtes de fin d'année dans la sérénité."L'objectif du gouvernement est de réussir à alléger les règles sanitaires pour les vacances de Noël, afin de permettre aux familles de se réunir. Ces fêtes "ne pourront pas se tenir de la même manière que d'habitude" a prévenu Jean Castex. "On pourra bien sûr retrouver les siens, mais il ne serait pas raisonnable d'espérer pouvoir organiser cette fête à plusieurs dizaines de personnes, notamment pour le réveillon du 31 décembre." L'assurance-chômage prolongée pour les chômeurs en fin de droits Les droits à l'assurance-chômage des bénéficiaires arrivant en fin de droit sont une nouvelle fois prolongés, le temps de la durée du confinement, a annoncé le Premier ministre. "Un demandeur d'emploi dont les droits auraient dû s'éteindre à la fin novembre continuera à toucher son allocation au mois de décembre", a confirmé Elisabeth Borne, la ministre du Travail. "Nous laissons également un délai supplémentaire pour s'inscrire à Pôle emploi, a-t-elle ajouté. Un demandeur d'emploi qui doit réunir les pièces pour s'inscrire bénéficiera d'un délai supplémentaire pour rassembler tous les justificatifs nécessaires, ce qui peut être plus difficile dans la période de confinement", a relevé la ministre. Par ailleurs, la "période de référence" pour bénéficier d'une allocation chômage sera allongée. "Alors qu'aujourd'hui un demandeur d'emploi doit avoir travaillé au moins quatre mois sur une période de 27 mois, ces 27 mois seront prolongés de la durée du confinement", a-t-elle précisé. 1 600 d'étudiants référents recrutés Le Premier ministre a également annoncé que près de 1 600 étudiants seraient recrutés comme "étudiants référents" afin d'accompagner "les étudiants de première année" et ceux "les plus en difficulté" dans les universités. "Ce sont près de 1 600 emplois étudiants qui seront ainsi créés sur les mois de novembre, décembre et janvier, dans un contexte où l'emploi étudiant s'est par ailleurs raréfié", a précisé Jean Castex. Deux référents par établissement seront recrutés pour pourvoir aux besoins de 800 établissements français.Poursuite et intensification du télétravail Le gouvernement se félicite du bon respect du télétravail. "La très grande majorité des salariés et des employeurs jouent le jeu", souligne la ministre du Travail Elisabeth Borne, citant les résultats d'une enquête réalisée par le gouvernement auprès de plus de 2 000 français. Quelque 45% des salariés du privé qui ont travaillé la semaine dernière l'ont fait à distance, dont 23% l'ont pratiqué cinq jours sur cinq. "Il y a encore des marges de progrès pour que plus d'actifs télétravaillent. J'appelle tous les employeurs et les salariés à poursuivre leurs efforts", a-t-elle déclaré.