Covid-19 : qui sont les 50% de Français non-vaccinés ?

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50% de la population française n'a pas reçu la moindre dose de vaccin, et 38% chez les 18 ans et plus. Parmi ceux n'ayant pas reçu la moindre injection, on retrouve des profils différents.

Le nombre de premières injections est en chute libre depuis plusieurs semaines alors que seulement 50% de la population française a reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19. Si Olivier Véran a écarté l'idée de rendre obligatoire la vaccination pour tous, les initiatives se multiplient pour tenter de convaincre les réticents.

Possibilité d'avoir les deux doses dans deux centres différents, centres de vaccination installés dans les centres commerciaux, équipes mobiles et même bons d'achat ou inscription à une tombola... tout est fait pour tenter de convaincre les plus réticents, qui ont des profils très différents.

Les jeunes sont les moins vaccinés

En grande majorité, et sans surprise, les plus jeunes sont les moins vaccinés. La vaccination est ouverte à tous sans restrictions depuis le 31 mai, tandis que la vaccination des plus fragiles a commencé dès la fin décembre.

Vaccination selon les tranches d'âge.
Vaccination selon les tranches d'âge.

Ainsi, 83% des 75 ans ou plus ont reçu au moins une dose, dont une immense partie, 76,2%, est totalement vaccinée. Une part semblable parmi les 65-74 ans, qui sont 85% à avoir reçu au moins une dose de vaccin, et 72% sont totalement vaccinés.

On enregistre ensuite un léger décrochage pour la tranche d'âge suivante, les 50-64 ans, 72% a reçu au moins une dose et la moitié est complètement vaccinée. Parmi les plus jeunes, les 30-49 ans, à peine plus de 50% a reçu au moins une dose, un taux qui tombe à 43% chez les 18-29 ans.

Une différence géographique

Au-delà de l'âge, on observe également une différence géographique. Au total, 35 départements ont un taux de vaccination inférieur au niveau national de 50%, comme l'Ain, la Seine-et-Marne et l'Essonne, avec moins de 44% des habitants ayant reçu au moins une dose.

À l'inverse, la Manche, les Côtes-d'Armor, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et Paris sont les seuls départements avec plus de 60% de la population vaccinée. Dans les Outre-mer, le taux de vaccination est bien plus inférieur que le niveau métropolitain. L’île de la Réunion possède le niveau le plus élevé dans ces territoires, avec une valeur de 27 % des habitants primo-vaccinés.

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Le plafond de verre atteint chez les plus âgés ?

Dans les tranches d'âge où la vaccination a débuté depuis plusieurs mois, on observe un phénomène de plafonnement, autour de 80% de la tranche d'âge vaccinée. Ainsi, la vaccination ne progresse presque plus pour les tranches d'âge des 65 ans et plus, la courbe étant presque à l'horizontale.

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Évolution de la vaccination par tranche d'âge.
Évolution de la vaccination par tranche d'âge.

"Ce ne sont pas pour autant des antivaccins. Les vrais réticents, ce sont 3 à 4% de la population, guère plus. Il y a parmi ceux non vaccinés des hésitants, qu'il faut convaincre, mais aussi parmi les plus âgés des personnes qui n'ont pas les moyens ou la capacité de se déplacer en centre ou de prendre rendez-vous. Il y a aussi parmi les plus précaires des difficultés d'accès, à l'information ou aux centres", nous rappelle l'épidémiologiste Antoine Flahault.

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Ce qui peut notamment expliquer la faible couverture vaccinale en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France. Si des campagnes directement ciblées vers ces publics sont prévues, il reste à convaincre les hésitants.

Les plus modestes et les plus jeunes plus hésitants

Une étude réalisée en décembre 2020 par deux sociologues et menée auprès de 85.000 personnes vise à évaluer les raisons de l'hésitation à la vaccination. Un Français sur quatre serait ainsi particulièrement hésitant face à la vaccination.

Selon l'étude, les plus réticents sont les plus exposés au virus. On y trouve ainsi les catégories sociales les plus modestes qui hésitent à se rendre dans les centres, alors qu'ils sont en première ligne et directement au contact du public et donc du virus. Parmi les plus hésitants également, les jeunes sont eux aussi sur-représentés, car leur bénéfice individuel d'être vacciné est moindre, puisqu'ils ont moins de risque de faire une forme grave.

Les hommes plus favorables à la vaccination que les femmes

Les femmes sont aussi plus méfiantes, 27% se disent résolues à se faire vacciner, notamment en raison de la crainte de prendre un risque lors d'une éventuelle grossesse. Une défiance envers le vaccin qui semble diminuer à partir de 45 ans.

Des chiffres qui se retrouvent dans une étude publiée le 7 mai dernier par Santé Publique France. L'adhésion à la vaccination est nettement plus élevée chez les personnes appartenant aux "catégories socio-professionnelles supérieures" (64%) que chez les catégories plus modestes et les inactifs (50%). Les hommes sont également beaucoup plus partants pour l'injection (62%) que les femmes (51%).

Les arguments des opposants

Parmi les arguments évoqués pour refuser la vaccination, on retrouve à 69% que "les nouveaux vaccins ne sont pas sûrs", à 26% que "ce n’est pas efficace pour empêcher la propagation de l’épidémie ou la maladie", ou encore à 23% "je préfère d’autres moyens de prévention comme les gestes barrières".

Si le gouvernement a écarté l'idée de rendre la vaccination obligatoire pour tous les Français, elle pourrait l'être pour les soignants. Selon Santé Publique France, au 15 juin, seuls 55,3 % des soignants avaient reçu une dose et 41,9 % deux doses.

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