Covid-19 : qui sont ces patients qui continuent à succomber du virus en France ?

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Selon les chiffres de la Drees, 14% des patients en réanimation décèdent à l'hôpital. (REUTERS)

Plus de deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, plusieurs dizaines de Français meurent encore du virus chaque jour. Quel est le profil de ces personnes ?

Le Covid-19 continue de faire des victimes. Plus de deux ans après son apparition, le virus tue encore une centaine de personnes par jour en France. Loin des confinements et des 500 décès par jour que le pays a pu connaître il y a plusieurs mois, les hôpitaux de l'Hexagone continuent de voir des patients fragiles être admis dans leurs établissements à cause du Covid-19. Bien que les variants qui circulent actuellement sur le territoire ne soient pas aussi virulents que ceux qui circulaient il y a plusieurs mois - comme Alpha ou Delta - et qu'une très grande partie de la population est désormais vaccinée, le virus tue encore, mais à tendance à viser une population plus ciblée qu'auparavant.

"On ne voit plus les patients jeunes, sans maladies sous-jacentes qui font des formes graves, mais on continue d'avoir des arrivées régulières de patients fragiles qui vont en réanimation à cause du Covid", confirme à l'Express Djillali Annane, chef du service de réanimation de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine). Le chef du service de réanimation de l'hôpital Avicenne situé à Bobigny (Seine Saint-Denis) Yves Cohen confirme de son côté que les personnes hospitalisées pour des cas graves en réanimation sont comme depuis plusieurs mois des patients non vaccinés, ou avec des comorbidités, ou immunodéprimés.

Encore des décès inattendus

Contactée par Yahoo Actualités, Agnès Ricard-Hibon, médecin urgentiste et cheffe du service des Urgences-SMUR de Beaumont sur Oise (Val d'Oise) tient de son côté à ne pas minimiser la vague actuelle en rappelant que tout le monde peut être concerné : "Les personnes qui décèdent sont majoritairement des personnes qui ont des comorbidités mais on reste encore des fois surpris par des décès inattendus qu'on ne comprend pas. Mais en effet la plupart des personnes ont des fragilités mais si le Covid n'était pas là, elles seraient vivantes."

La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) constatait au mois de mars que les hommes, plus particulièrement ceux qui sont âgés, sont plus susceptibles de décéder de la maladie, bien que lors de cette quatrième vague, l'âge influence moins le risque d'être hospitalisé que lors des précédentes vagues. L'étude souligne également que le risque d'hospitalisation des individus faisant partie des 10% les plus aisés est 2,3 fois supérieur que celui des individus appartenant aux 10% les plus modestes. L'âge médian des personnes décédées est de 82 ans, tandis que les plus de 80 ans représentent 60% de l'ensemble des décès à l'hôpital. "Concernant les personnes âgées, la situation est bien différente de la première vague grâce à la vaccination qui les protège", indique Agnès Ricard-Hibon.

Ne pas banaliser la vague actuelle

Selon les chiffres de la Drees, 14% des patients en réanimation décèdent à l'hôpital contre 20% lors des trois premières vagues. Des chiffres en légère amélioration grâce aux thérapies, d'après Djillali Annane. En revanche, depuis plusieurs jours le nombre d'admissions quotidiennes à l'hôpital est en légère hausse notamment en raison de la vaccination des plus de 60 ans qui ferait moins d'effet environ 6 mois après leur dose de rappel. Une tendance que confirme la médecin urgentiste et cheffe de service du SAMU-SMUR 95 à Pontoise (Val d'Oise) : "La vaccination s'estompe pour les personnes qui ont eu leur dose de rappel il y a plusieurs mois, surtout avec Omicron. Ce qui justifie pleinement le rappel pour les plus de 60 ans et les personnes fragiles. C'est une réalité, l'immunité baisse avec le temps, même pour les personnes jeunes."

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Si l'épidémie fait moins de ravage qu'il y a plusieurs mois, Agnès Ricard-Hibon tient à rappeler qu'il ne faut pas considérer le coronavirus comme un simple rhume : "Il ne faut pas banaliser cette nouvelle vague, parce que les gens ont tendance à relâcher les gestes barrières. L'évolution de la pandémie est essentiellement faite selon le comportement des gens. Plus on banalise, plus les gens se relâchent et plus il y a de conséquences importantes sur la santé de la population."

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