Covid-19 : qui pourraient être les personnes concernées par une 3ème dose de vaccin ?

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Une 3ème dose est automatiquement programmée pour les personnes immunodéprimées

Une troisième dose de vaccin, déjà prévue pour les personnes immunodéprimées, pourrait être préconisée à plus de monde à l’automne.

Jamais deux sans trois. Pour faire face aux variants du coronavirus, une injection supplémentaire pourrait être bientôt recommandée. En déplacement jeudi 8 juillet à Blois, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé qu'une troisième dose de vaccin anti-Covid serait sans doute nécessaire pour les personnes les plus vulnérables et "ceux qui ont été vaccinés en premier." Il s’agirait donc des personnes les plus âgées ou qui présentent des comorbidités. "Il nous faudra une troisième dose parce que les défenses immunitaires s'affaiblissent", a-t-il ajouté.

"On envisage de faire une troisième vaccination à la rentrée pour les personnes âgées dans les Ehpad", avait déjà indiqué de son côté le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, sur Franceinfo fin juin.

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Consensus d’une troisième dose pour les laboratoires

Pfizer-BioNTech va demander à l'Agence européenne des médicaments et à son homologue américain l'autorisation pour une troisième dose de son vaccin contre le Covid-19. Selon les deux entreprises, les données préliminaires d’une étude montrent qu'une dose de rappel administrée six mois après la deuxième dose permet de lutter efficacement contre le coronavirus, y compris contre le variant Beta, apparu en Afrique du Sud.

Même son de cloche du côté de Moderna. Le PDG, Stéphane Bancel, estime dans un entretien à L'Obs (article payant) que le scénario "le plus prudent" est celui d'"une troisième dose pour les personnes les plus à risque, qui ont été vaccinées en décembre 2020 ou en janvier 2021", dès la fin de l'été. Olivier Bogillot, le président de Sanofi France, s'est également prononcé en ce sens au micro de France Inter lundi 5 juillet : "Globalement, je pense qu’il faudra une troisième dose pour tout le monde".

Dans une étude publiée le 28 juin par l’université d’Oxford, des chercheurs ont montré qu’une troisième dose d’AstraZeneca injectée plus de six mois après la seconde entraîne une "augmentation importante" des anticorps et provoque une "forte hausse" de la réponse immunitaire contre le Covid-19, y compris contre les variants. "On ne sait pas si des injections de rappel seront nécessaires en raison de la diminution de l’immunité ou pour augmenter l’immunité contre les variants préoccupants", a précisé Teresa Lambe, l’auteure principale de l’étude.

Une 3ème dose pour tous ?

Depuis le début du mois de mai, une 3ème dose est automatiquement programmée pour les personnes sévèrement immunodéprimées (transplantés d’organes, malades du cancer sous traitement, dialysés chroniques…). Elle concerne les vaccins Moderna, Pfizer, Astrazeneca et Janssen, et intervient un mois après l’injection de la deuxième dose.

À ce stade, la nécessité d'une troisième dose pour tous n'est pas encore établie de façon assez solide sur le plan scientifique. "Il n'y a pas d'indication qu'un rappel est nécessaire", écrivent ainsi les chercheurs d'Oxford dans leur étude préliminaire. "La priorité est de s'assurer que des gens à travers le monde reçoivent leur première dose."

Une autre étude publiée fin juin dans la revue Nature montre également que la réponse immunitaire déclenchée par les vaccins à ARN messager de Pfizer-BioNTech et Moderna pourrait fonctionner plusieurs années, voire plus longtemps contre le Covid-19, mais s'il ne mute pas trop, relate le New York Times.

"Il faudra une troisième dose pour stimuler un système immunitaire qui est un peu défaillant quand on a un certain âge, pour les personnes au-dessus de 60 ou 70 ans", a estimé le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy fin juin sur France Inter, tout en soulignant qu’il n’y avait pas encore "de données scientifiques extrêmement solides là-dessus". Plusieurs études sont actuellement en cours.

Pour l’instant, près de 40% de la population française a reçu deux injections de vaccin contre le coronavirus. Un nombre encore insuffisant pour lutter contre l’épidémie, notamment à cause du variant Delta, plus agressif et plus contagieux, qui fait repartir les taux de contamination à la hausse.

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