Covid-19 : ce que l'on sait sur le Ronapreve et le Regkirona, les 2 traitements approuvés par l'EMA

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L’Agence européenne du médicament (EMA) affirme que le Ronapreve et le Regkirona réduisent significativement les risques de formes graves du Covid-19.

Ce jeudi 11 novembre, l'agence européenne du médicament (EMA) a approuvé l'utilisation de deux nouveaux médicaments pour lutter contre le Covid-19. Que sait-on sur ces deux traitements par anticorps ?

C'est un signe d'espoir dans la lutte contre le Covid-19. L'agence européenne du médicament a annoncé dans un communiqué l'approbation de l'utilisation de deux traitements contre la maladie : un premier du laboratoire pharmaceutique suisse Roche et un second de la société sud-coréenne Celltrion. Il s'agit de deux traitements par anticorps monoclonaux, le Ronapreve et le Regkirona, destinés aux patients qui présentent des risques de développer des formes graves de la maladie.

"Ronapreve et Regkirona sont les premiers médicaments à base d'anticorps monoclonaux à recevoir un avis positif [...] contre le Covid-19", a déclaré l'EMA. Ces deux médicaments rejoignent donc le Remdesivir dans la liste des produits ayant reçu un avis positif pour lutter contre le coronavirus. La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides a déclaré que l'approbation de ces médicaments sont une "étape importante" dans la lutte contre la maladie. 

Une efficacité prouvée

Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) s'est appuyé sur les donnés montrant que le traitement par Ronapreve ou Regkirona réduit considérablement les hospitalisations et les décès chez les patients à risque de Covid-19 sévère.

Une étude réalisée sur des patients atteints de Covid-19 n'ayant pas besoin d'oxygène mais présentant un risque accru de gravité de la maladie a montré que le Ronapreve entraine moins d'hospitalisations ou de décès par rapport à un traitement placebo. 0,9% des patients traités par Ronapreve ont été hospitalisés ou sont décédés dans les 29 jours suivant le traitement contre 3,4% des patients sous placebo.

Une étude réalisée sur des patients atteints du coronavirus a montré que le Regkirona diminue les risques d'hospitalisations et de décès par rapport au traitement placebo. 3,1 % des patients traités par Regkirona ont été hospitalisés, ont eu besoin d'oxygène ou sont décédés dans les 28 jours suivant le traitement, contre 11,1 % des patients sous placebo.

Ces deux traitements s'administrent avant l'hospitalisation et le besoin d'oxygène chez les personnes à risque de faire des formes sévères de la maladie.

Environ 1700 euros la dose

Recommandé par l'OMS, le Ronapreve est développé par la firme américaine Regeneron en partenariat avec le laboratoire suisse Roche et est autorisé depuis le mois de mars en France pour les patients présentant un haut risque de développer une forme grave de la maladie. Depuis, il a été élargi dans d'autres cas précis, notamment pour les patients hospitalisés mais non intubés n'ayant pas développé naturellement leurs propres anticorps. Au mois d'octobre 2020, Donald Trump avait bénéficié de ce traitement pour soigner son infection au Covid-19. Le Regkirona, moins répandu en Europe, est un traitement développé par la société sud-coréenne Celltrion ayant déjà fait l'objet d'une commercialisation en Corée du Sud.

Interrogé par France Info, Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon à Paris, met ce pendant en avant "les limites" de ces traitements en raison de leur coût et de leur "complexité" à être administrés. Administré par une perfusion en intraveineuse, ce traitement doit faire l'objet d'une autorisation spéciale, et son prix est estimé à environ 1 700 euros la dose.

Depuis plusieurs années, les traitements par anticorps monoclonaux sont utilisés pour soigner des maladies auto-inflammatoires chroniques ainsi que certains cancers et sont régulièrement utilisés pour traiter le Covid-19 depuis le début de la pandémie. "Le principe de ce type de traitement est de trouver des anticorps qui neutralisent le virus, ils sont sélectionnés à partir de patients qui ont guéri du Covid-19", ​explique Pierre Tattevin, chef du service d'infectiologie du CHU de Rennes, à Ouest-France

La commissaire européenne à la Santé rappelle cependant que le vaccin est "la seule solution préventive pour sortir de la crise."

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