Covid-19 : quarantaine stricte, contrôles renforcés… Six questions sur les nouvelles mesures visant les voyageurs

Si les déplacements à l'intérieur de l'Hexagone vont être facilités à partir du 3 mai, les départs et les arrivées sur le territoire depuis l'étranger et la Guyane vont faire l'objet de mesures plus strictes, au moment où la France traverse sa troisième vague de l'épidémie de Covid-19. Face à la menace des variants, le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, ont annoncé jeudi 22 avril, au cours d'une conférence de presse, de nouvelles dispositions. Voici ce qui attend les voyageurs internationaux à partir du samedi 24 avril. >> Covid-19 : suivez les dernières informations sur l'épidémie dans notre direct 1Quels pays seront concernés ? Tous les passagers en provenance du Brésil, d'Inde, du Chili, d'Afrique du Sud et d'Argentine, pays où des variants inquiétants du coronavirus sévissent, feront l'objet d'une mise "en quarantaine de dix jours décidée par arrêté préfectoral" à l'arrivée en France, à partir de samedi, a annoncé Gérald Darmanin. Et ce, "quel que soit le résultat de leur test, positif ou négatif". Ces mesures seront appliquées également aux voyageurs en provenance de Guyane, où le variant brésilien se propage rapidement. La liste des pays concernés "pourra évoluer si nécessaire", a ajouté le ministre de l'Intérieur.2Quels voyageurs pourront entrer en France ? La liste des motifs impérieux permettant d'entrer en France sera restreinte. "Pour l'essentiel, seuls les ressortissants français et européens ayant leur résidence principale en France pourront entrer sur le territoire national", a précisé Gérald Darmanin. "L'arrêté de quarantaine s'appliquera en lieu et place de l'engagement à respecter un isolement de 7 jours que doivent prendre aujourd'hui les voyageurs arrivant en France", a expliqué le ministre de l'Intérieur.3Quelles sont les conditions pour embarquer à bord des vols ? Les voyageurs "devront justifier au départ de leur vol d'un test PCR négatif de moins de 36 heures, et non plus 72 heures", a spécifié le ministre de l'Intérieur. Un test PCR négatif de moins de 72 heures restera cependant valable s'il est accompagné d'un test antigénique négatif de moins de 24 heures. Un autre dépistage aura lieu à l'arrivée en France : "Tous les passagers seront systématiquement testés à nouveau avec un test antigénique."4Où pourra se dérouler cette quarantaine ? Dès leur aéroport de départ, les voyageurs devront désigner leur lieu de quarantaine. "Les passagers devront déclarer le lieu dans lequel ils effectuent leur quarantaine en France" par le biais d'un justificatif de domicile, par exemple, ou d'une réservation d'hôtel. "La compagnie aérienne pourra refuser au voyageur d'embarquer si les justificatifs apportés ne sont pas jugés probants", a ajouté Gérald Darmanin. Les justificatifs seront à nouveau contrôlés à l'arrivée en France, par les agents de la police aux frontières. Si le lieu d'isolement choisi par le voyageur n'est pas jugé satisfaisant par les autorités, "il sera proposé d'ouvrir la possibilité aux pouvoirs publics d'imposer un lieu de quarantaine, dans les très rares cas où celui choisi par le voyageur ne permet pas un isolement efficace et un contrôle effectif par les forces de l'ordre". Ce cas reste exceptionnel et sera soumis au Parlement pour validation, dans le cadre du débat relatif au projet de loi sur la sortie du régime d'état d'urgence. 5Comment sera-t-elle contrôlée ? Le ministre de l'Intérieur a affirmé que les contrôles de ces quarantaines seraient "renforcés", afin de parachever ce "sas sanitaire" qui sera mis en place. Une fois qu'ils auront rejoint leur lieu de quarantaine, les voyageurs arrivés sur le sol français devront y rester durant dix jours. Ils seront autorisés à sortir pendant une plage horaire restreinte, entre 10 heures et midi, chaque jour, pour faire des courses notamment. "En dehors de ces horaires, la personne en quarantaine pourra faire l'objet à tout moment d'un contrôle sur le lieu de quarantaine qu'elle a déclaré", a insisté Gérald Darmanin. Les agents de l'Assurance maladie seront "chargés du suivi sanitaire des personnes placées en quarantaine", a expliqué le ministre de l'Intérieur. Les voyageurs seront contactés dès le début de leur quarantaine "pour tout conseil, et pour rappel des attendus en matière de test pendant cette période d'isolement", ainsi qu'à l'issue de celle-ci. Le ministre de l'Intérieur a déclaré qu'un "accompagnement leur [serait] également proposé, pour faire leurs courses par exemple, si leur situation l'exige". 6Quelles seront les sanctions en cas de non-respect ? Les forces de l'ordre seront elles aussi chargées de contrôler les personnes mises en quarantaine. En cas de non-respect des mesures d'isolement, les contrevenants s'exposeront à une amende pouvant aller jusqu'à 1 500 euros, et non 135 euros, comme c'était le cas jusqu'alors.