Covid-19 : près de 44% des enfants non infectés auraient déjà développé une immunité

Ingrid Bernard
·2 min de lecture
Boys and girls sitting at desks, raising hands.
Boys and girls sitting at desks, raising hands.

Selon une étude britannique, parue dans la revue Science, des enfants auraient développé des anticorps efficaces contre le Covid-19 sans même avoir été infectés.

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, le cas des enfants intrigue particulièrement les chercheurs. Plusieurs études ont montré qu’ils présentaient plus souvent des formes asymptomatiques, avaient moins de risque de développer une forme grave de la maladie, contaminaient peu les adultes… Des observations mais peu d’explications.

Une équipe de chercheurs britanniques semble avoir trouvé un début de réponse à cette “immunité” : certains enfants auraient développé des anticorps en attrapant d’autres coronavirus, ce qui pourrait davantage les protéger de la maladie. Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont mené une étude sur 302 personnes. Ils ont comparé le sang de patients atteints de Covid-19 à des patients qui n’ont pas eu la maladie. Ils ont constaté qu’un certain nombre de patients étaient porteurs d’anticorps IgG anti-SARS-CoV-2.. 43,8% des enfants et adolescents de 1 à 16 ans, non infectés par le coronavirus, auraient ainsi développé une immunité préexistante au Covid-19.

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Des expositions plus fréquentes aux coronavirus

Pour Kevin Ng, un des auteurs de l’étude et étudiant de troisième cycle au laboratoire d’immunologie du Francis Crick, ces observations sont une avancée considérable. Il serait néanmoins nécessaire de réaliser une nouvelle étude à plus grande échelle. “Nos résultats montrent que les enfants sont beaucoup plus susceptibles de développer des anticorps à réaction croisée que les adultes. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre pourquoi, mais cela pourrait être dû au fait que les enfants sont plus régulièrement exposés à d’autres coronavirus”, confirme l’auteur de l’étude.

Mais alors, comment expliquer que les adultes, eux aussi, confrontés à d’autres coronavirus durant leur jeunesse, n’auraient pas développé cette même immunité ? Le Dr. Stephen J. Elledge, professeur de génétique à l'école de médecine de Harvard interrogé dans le New York Times, émet l’hypothèse qu’ils auraient pu perdre ces anticorps et les cellules mémoires qui les accompagnent avec le temps.

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