Covid-19 : un premier "vaccidrive" ouvre en France près de Montpellier

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La France a désormais son premier "vaccidrive" permettant de se faire vacciner contre le Covid-19 dans sa voiture. Ce centre de vaccination d'un nouveau genre a ouvert ses barrières mardi à Saint-Jean-de-Védas, dans la périphérie de Montpellier, avec l'objectif d'injecter quotidiennement 100 doses de vaccin Pfizer.

Et si se faire vacciner devenait aussi simple que d'aller au fast-food ? Fort de son succès à l'étranger, notamment aux États-Unis et en Italie, le "vaccidrive" fait son entrée en France, mardi 13 avril, avec l'ouverture du premier centre permettant de se faire vacciner contre le Covid-19 au volant de sa voiture.

Ce centre de vaccination d'un nouveau genre a ouvert ses barrières sur le parking de la clinique Saint-Jean, à Saint-Jean-de-Védas, en bordure de l'A9, près de Montpellier, avec l'objectif affiché d'injecter chaque jour 100 doses du vaccin Pfizer.

La vaccination, toujours sur rendez-vous, est ici réservée aux automobilistes. Les candidats suivent les mêmes étapes que dans un centre conventionnel : vérification de l'inscription ; questionnaire médical ; si besoin, consultation médicale ; vaccination ; et enfin, temps de surveillance.

"La vraie grosse différence, c'est que les personnes font tout ceci dans leur véhicule", s'amuse Alexandre Pascal, délégué départemental de l'Agence régionale de santé (ARS) Occitanie.

"Ce qui est agréable, je pense, pour les gens, c’est d’être dans leur voiture. Il y a moins l’appréhension de la salle d’attente avec tout le monde", explique le docteur Lucas Rondepierre, un médecin généraliste qui assure avec d'autres soignants libéraux, rémunérés à la vacation, l'accueil et la vaccination sur le site.

"Là, vous restez dans un environnement connu, vous avez la dose, c’est assez rapide, la surveillance se fait dans votre voiture donc les gens qui appréhendent un peu les piqûres, le vaccin, ça donne un aspect plus apaisant."

Françoise Murat, 59 ans, venue recevoir sa première injection, se dit effectivement rassurée car le drive est "rapide et on n'attend pas dans des salles" en étant "enfermé" avec d'autres personnes.

"L'essentiel, c'est d'être vacciné. Si c'est dans la voiture, c'est cool", témoigne Jean-Michel Sabatier, 67 ans, l'un des premiers vaccinés du "drive", qui n'était pas parvenu à s'inscrire dans d'autres centres plus proches de son domicile d'Agde, dans l'Hérault.

Une initiative privée

L'initiative vient de la clinique Saint-Jean, qui a proposé il y a quelques semaines le projet à la préfecture et à l'Agence régionale de santé.

"Ils nous ont dit qu'ils avaient envie de lancer cette expérimentation", explique Alexandre Pascal, délégué départemental de l'ARS Occitanie. "Il y a besoin de vacciner, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues."

"L'idée, c'est d'offrir un moyen supplémentaire de se faire vacciner", continue Alexandre Pascal, soulignant que le "drive", dont la dotation sera "modeste" à ses débuts avec seulement 200 doses par semaine, se trouve juste à côté d'un centre de vaccination grand public "classique" ouvert à la clinique Saint-Jean depuis janvier.

Pour Lamine Gharbi, le président de la Fédération de l'hospitalisation privée et du groupe Cap santé, auquel la clinique Saint-Jean est rattachée, la configuration des lieux "se prête à cette expérimentation".

La clinique a en effet déménagé en 2020 de son ancien site du centre de Montpellier pour s'installer dans des nouveaux locaux, équipés de parkings le long de l'autoroute A9.

Doubler à terme le nombre d'injections

La clinique Saint-Jean espère à terme pouvoir multiplier par deux les injections de vaccins contre le Covid-19 avec ce nouveau dispositif.

"Nous partons sur cent vaccinations par jour. Nous pouvons monter à deux cents parce que nous pouvons créer deux pistes de vaccination avec deux files de voitures", explique Lamine Gharbi. "C’est une idée et on espère qu’elle va germer sur d’autres territoires, d'autres villes, d'autres établissements", ajoute-t-il.

Les personnes éligibles à cette vaccination sont les mêmes que dans les centres grand public : les 55 ans et plus sans comorbidités et les personnes à haut risque vital comme celles transplantées, dialysées ou sous chimiothérapie notamment.

Avec AFP