Covid-19 : pourquoi le variant brésilien reste minoritaire en France ?

Maxime Poul
·4 min de lecture
Bien que présent depuis plusieurs semaines en France, le variant brésilien est très loin d'être majoritaire.

De plus en plus dévastateur en Amérique latine, le variant brésilien est présent en France depuis le début du mois de février, mais ne représentait que 0,1% des souches détectées sur le territoire au mois de mars. Comment expliquer sa faible circulation ? 

Il est devenu la principale source d'inquiétude en France et dans toute l'Europe. Le variant P1, plus communément appelé "variant brésilien", provoque une flambée épidémique en Amérique latine et notamment au Brésil, qui vit la pire période de son épidémie de Covid-19 avec plus de 66 000 décès liés au Covid-19 enregistrés au mois de mars

Une situation qui inquiète de plus en plus de pays du monde et d'Europe, qui ont décidé de suspendre les vols en provenance du Brésil, à l'instar du Portugal. Pour l'instant, en France, les voyageurs en provenance du pays de Jair Bolsonaro doivent seulement être munis d’un test PCR négatif et s’engager sur l’honneur à respecter une quarantaine de sept jours à leur arrivée sur le territoire.

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Des mesures insuffisantes pour de nombreux épidémiologistes et autres soignants qui réclament des mesures plus fermes pour les vols en provenance d'Amérique latine, comme une quarantaine obligatoire et contrôlée. 

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Le variant brésilien est arrivé au cours du mois de janvier en Europe et au début du mois de février en France et 10 semaines plus tard, il est encore minoritaire dans l'Hexagone. Le variant anglais représente lui plus de 80% des contaminations sur le territoire, alors que la proportion du variant brésilien et sud-africain (les deux sont encore difficiles à différencier) est évaluée à seulement 4,2%. Bien que présenté comme un virus très contagieux, il semble avoir perdu la bataille de ces dernières semaines face au variant anglais sur le Vieux continent.

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Le variant anglais n'a pas laissé la place au variant brésilien 

Mais ce n'est pas pour autant qu'il a perdu la guerre. Pour Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon, si le variant P1 n'est pas encore majoritaire en France, il pourrait le devenir. "En ce qui concerne les virus, quand la place place est prise il faut pousser. C'est justement parce que la place est occupée par le variant anglais que pour l'instant le variant brésilien ne s'est pas installé. Personne ne maîtrise véritablement cette géostratégie des virus. Par exemple, personne ne peut expliquer pourquoi le variant anglais est devenu tout d'un coup majoritaire en Grande-Bretagne et c'est pareil avec le variant brésilien au Brésil".

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L'infectiologue tient à ne surtout pas minimiser la gravité de ce variant. "Même s'il est minoritaire, il est très problématique parce qu'il conjugue des mutations d'augmentation de la transmission d'un facteur de 2,6 et surtout des mutations d'échappement à la réponse immunitaire. On l'a vu à Manaus lors de leur première vague très forte avec beaucoup de gens contaminés et une deuxième vague encore plus forte à cause d'une immunité qui n'a pas joué son rôle."

Un variant qui circule sous des températures chaudes ?

Présent sur le plateau de BFM TV ce mardi matin, le professeur Enrique Casalino, infectiologue et directeur médical de l'hôpital Bichat, pense quant à lui que ce variant P1 pourrait désormais s'adapter au climat européen. "Nous sortons de l'hiver et le variant britannique était très bien adapté à ce régime de température. La particularité du variant brésilien c'est qu'il a fait un tabac en Amérique du Sud en battant tous les records au Brésil, au Chili, au Pérou, en Uruguay, au Paraguay ou au Venezuela alors que c'est l'été et qu'il fait chaud et nous, on rentre en été. Donc il y a un vrai risque de dissémination de cette souche parce que les conditions climatiques pourraient être favorables". 

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