Pourquoi la vaccination est suspendue dans certains hôpitaux

Matthieu Brandely
·4 min de lecture

Les hôpitaux de Brest, Saint-Lô, Quimper et Morlaix ont temporairement suspendu les campagnes d’injection du vaccin Astra Zeneca, qui cible en priorité les soignants.

À l’hôpital de Brest, 20 à 25% du personnel vacciné avec AstraZeneca a dû se mettre en arrêt de travail en raison de syndromes grippaux avec maux de tête et fortes fièvres, rapporte Le Télégramme. Même problème à Saint-Lô, dans la Manche, où “une petite dizaine” de professionnels sur la cinquantaine vaccinée ont présenté ce type de symptômes, explique à l’AFP la chargée de communication de l’hôpital, Mélanie Cotigny.

“Cela nous met en difficulté”

Problème, ces effets secondaires qui entraînent parfois des arrêts de travail complique le fonctionnement de l’hôpital. “Cela nous met en difficulté quand on a des équipes entières qui sont vaccinées le même jour et qu’on a 15% de l’équipe qui a des symptômes post-vaccin”, poursuit Mélanie Cotigny. Conséquence : ces hôpitaux ont décidé de suspendre temporairement la vaccination.

L’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) recense au total 149 soignants vaccinés ayant développé des “symptômes grippaux de forte intensité”, soit environ 1,49% des soignants ayant reçu une dose d’AstraZeneca depuis le déploiement du vaccin, le 6 février. Des effets secondaires dont témoignaient des soignants vaccinés ces deniers jours.

Des soignants vaccinés rapportent des effets secondaires.
Des soignants vaccinés rapportent des effets secondaires.
Des soignants vaccinés rapportent des effets secondaires.
Des soignants vaccinés rapportent des effets secondaires.
Des soignants vaccinés rapportent des effets secondaires.
Des soignants vaccinés rapportent des effets secondaires.

Des effets secondaires qui étaient pourtant prévus par Astra Zeneca. Le fabricant indiquait une possibilité de fièvre et de symptômes grippaux, particulièrement chez les jeunes adultes. Or, la moyenne des soignants atteints est de 34 ans, selon l’ANSM qui rappelle que “ces effets indésirables sont connus et décrits avec les vaccins”.

Un “signal qui doit être pris au sérieux”

Le monsieur vaccin du gouvernement, Alain Fischer, a expliqué sur France Info, qu’il s’agissait d’un “signal qui doit être pris au sérieux”, tout en rappelant qu’”il faut savoir que dans les 48 heures qui suivent, il peut y avoir des symptômes grippaux”.

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“Ce qui surprend un petit peu c’est qu’il semble y en avoir un petit peu plus qu’attendu”, a-t-il expliqué, ajoutant que “le même lot, exactement le même vaccin est utilisé dans 21 pays d'Europe et que pour l'instant, il faut aller repérer ce qui se passe dans ces pays, il n'y a pas eu cet apparent petit excès".

La vaccination va reprendre, plus “espacée”

Si la vaccination est suspendue dans plusieurs hôpitaux, il semble s’agir surtout d’une question d’organisation. “La vaccination devrait reprendre ce weekend et sera mieux dispersée” afin d’éviter l’absence simultanée d’une partie importante des soignants, indique la communication de l’hôpital de Saint-Lô.

C’est d’ailleurs ce que recommande l’ANSM, qui préconise “d'espacer, et non pas d'interrompre, la vaccination pour les professionnels de santé” afin de “qu'on ne se retrouve pas au même moment avec trop de personnes qui seraient absentes, même si c'est transitoire", détaille Alain Fischer.

Des soignants étaient déjà perplexes

Mais ces effets secondaires plus importants que prévu vont susciter un peu plus de défiance chez les soignants vis-à-vis du vaccin Astra Zeneca, qui leur est pourtant réservé en priorité. A priori moins efficace contre la souche jusqu’à présent dominante (70% contre 95% pour les vaccins Pfizer et Moderna), il est également moins efficace face au variant sud-africain, selon les données actuellement disponibles, comme le montre le graphique ci-dessous.

L'efficacité des vaccins selon les variants.
L'efficacité des vaccins selon les variants.

Des effets secondaires qui compliquent la vaccination à l’hôpital

Avant même ces cas d’effets secondaires, sans gravité mais qui peuvent rendre compliqué le fonctionnement des hôpitaux, plusieurs soignants appelaient déjà les autorités à ne pas leur injecter Astra Zeneca.

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“Donner un vaccin moins efficace aux soignants, qui sont davantage exposés au virus, ça n’a pas de sens !”, déplorait Jérôme Marty, médecin et président du syndicat Union Française pour une Médecine Libre, qui a réitéré depuis son appel. Il souhaite que les soignants exposés au Covid-19 soient vaccinés avec les vaccins les plus efficaces : ceux de Pfizer BioNtech et Moderna.

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