Covid-19 : pourquoi la reprise de l’épidémie semble inévitable ?

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Depuis plusieurs jours, le nombre de nouveaux cas ne cesse d'augmenter en France à cause du variant Delta, qui touche principalement les jeunes.

Comme c'est le cas dans de nombreux pays d'Europe et du monde, le variant Delta gagne du terrain dans l'Hexagone. Il représente plus de 30% des contaminations et France et pourrait précipiter une quatrième vague durant l'été malgré les outils existants pour retarder la propagation du virus. Explications.

"Depuis moins d'une semaine, l'épidémie regagne du terrain". Cette phrase de Gabriel Attal prononcée sur les ondes de France Inter laisse entrevoir le pire. Alors que le variant Delta représentait 10% des tests séquencés réalisés en France à la fin du mois de juin, il représente déjà plus de 30% aujourd'hui. 

Une situation similaire à celle qu'a connu le Royaume-Uni à la fin du mois de mai à cause de ce variant 60% plus contagieux que le variant Alpha (apparu en Grande-Bretagne), déjà responsable de la 3e vague épidémique en France au printemps. "On a observé au Royaume-Uni une explosion qui s'est faite très rapidement après des premiers signes avant-coureurs et on peut considérer que ces signes, on les voit aujourd'hui dans notre pays", a ajouté le porte-parole du gouvernement. 

Une couverture vaccinale encore insuffisante

S'il est intéressant de noter qu'Outre-Manche les décès et les hospitalisations ne sont pas repartis à la hausse malgré la forte augmentation de nouvelles infections, la situation est bien différente en France. Au Royaume-Uni, plus de la moitié de la population adulte est totalement vaccinée et plus des deux tiers ont reçu au moins une dose alors qu'en France, seulement 36,5% de la population est complètement vaccinée et un Français sur deux a reçu une dose. 

VIDÉO - Variant Delta : Gabriel Attal très inquiet de la 4e vague

La couverture vaccinale en France semble donc encore bien trop faible pour pouvoir être sûr qu'une quatrième vague ne vienne pas saturer les systèmes de santé du pays et ne provoque de nombreux décès, d'autant plus que le variant Delta progresse et le rythme d’injection de premières doses au quotidien ralentit depuis quelques semaines. Selon une étude publiée dans The Lancet, les personnes non-vaccinées qui attrapent le variant Delta ont deux fois plus de risques d'être hospitalisées qu'avec le variant Alpha.

Le taux d'incidence augmente chez les jeunes, les personnes les moins vaccinées

En plus du taux d'incidence qui est à +20% sur la dernière semaine, le R (ou taux de reproduction du virus) est passé à 0,8 et se rapproche dangereusement de 1, l'indicateur signifiant que le virus circule et l'épidémie progresse. L'autre sujet d'inquiétude concerne les personnes infectées par le Covid-19. Il s'agit des jeunes, c'est-à-dire la tranche de la population la moins vaccinée. Moins de 20% des 18-29 ans sont complètement vaccinés contre plus de 60% des plus de 60 ans. 

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Comme Gabriel Attal, sur son compte Twitter, Olivier Véran a fait un parallèle avec la situation britannique, estimant qu'une nouvelle vague pourrait arriver dès la fin du mois de juillet dans l'Hexagone.

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Le ministre de la Santé a tenu a rappeler les fondamentaux pour limiter la propagation du Covid-19 et du variant Delta : les gestes barrières, le vaccin et appliquer la stratégie "tester, alerter et protéger". Seul problème, ces mesures préventives se montrent souvent défaillantes. Tout d'abord, en ce début d'été, les gestes barrières sont de plus en plus difficiles à respecter avec la fin du port du masque en extérieur, la reprise de nombreux événements, la réouverture prochaine des boîtes de nuit et les départs en vacances qui vont très probablement créer un brassage de population.

Le traçage des cas contacts trop peu efficace

Concernant le traçage des cas contacts, il reste trop peu efficace. Pour preuve, à peine plus de 20% des personnes infectées étaient précédemment connues comme cas contacts, rapporte L'Express. De plus en plus, il y aurait "une difficulté, un refus d'un nombre de cas croissants de donner une liste complète" de leurs contacts car cela "entraîne des contraintes importantes", observe Alexandra Mailles, épidémiologiste à SPF interrogée par Ouest-France. "À l’approche de l’été, on a plus envie de profiter des beaux jours que de rester chez soi", ajoute-t-elle.

Par ailleurs, l'isolement des cas contact, des personnes présentant des symptômes ainsi que des personnes revenant des pays à risque est impossible à contrôler et est donc au bon vouloir des personnes concernées. 

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La semaine dernière, Santé publique France a rappelé la nécessité de "resensibiliser" la population concernant la nécessité de l’isolement en cas de test positif au Covid-19 et de bien signaler la liste complète les cas contacts.

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