Covid-19 : pourquoi Olivier Véran dit que le pic épidémique est passé, et pourquoi faut-il rester prudent ?

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Le nombre de tests positifs PCR est en recul depuis plusieurs jours.
Le nombre de tests positifs PCR est en recul depuis plusieurs jours.

Dans une interview accordée à plusieurs journaux régionaux, Olivier Véran assure que “tout porte à croire que nous avons passé un pic épidémique".

“Grâce au confinement, comme au mois de mars, le virus commence à moins circuler”. Dans une interview donnée à plusieurs journaux régionaux dont le Dauphiné Libéré, Olivier Véran esquisse les débuts d’une amélioration dans la lutte contre la deuxième vague de coronavirus.

Selon le ministre de la Santé, “tout porte à croire que nous avons passé un pic épidémique”, un début d’une amélioration qui ne se perçoit pas encore dans les hôpitaux. En parlant de pic épidémique, Olivier Véran désigne la circulation du virus. En effet, depuis début novembre, le nombre de cas positif enregistré est en baisse constante.

Une nette baisse des cas positifs

Avec 28 474 cas positifs enregistrés en moyenne sur la semaine du 5 au 11 novembre, on note un recul de 38% comparé à la semaine précédente. Des chiffres bien loin du pic enregistré durant cette deuxième vague, avec une moyenne de 47 496 cas enregistrés en moyenne la semaine du 30 octobre.

La courbe des cas positifs au Covid-19.
La courbe des cas positifs au Covid-19. (covidtracker.fr)

Le virus circule moins en France

Autres éléments qui traduisent une amélioration de la situation sur le plan épidémique : la baisse du taux de positivité et du taux d’incidence, depuis une quinzaine de jours. Le taux de positivité des tests PCR, qui a atteint un sommet début novembre avec 21,1% des tests réalisés qui étaient positifs, est retombé à 16,9% en moyenne ces 7 derniers jours.

La courbe des taux de positivité des tests PCR.
La courbe des taux de positivité des tests PCR. (Santé Publique France)

Le taux d’incidence, qui mesure le nombre de cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, est également en recul depuis le début du mois de novembre avec 283 cas pour 100 000 habitants actuellement contre 499 au début du mois.

La courbe du taux d'incidence.
La courbe du taux d'incidence. (Santé Publique France)

Les tests antigéniques pas pris en compte

Mais ces chiffres n’intègrent pas (encore) les tests antigéniques qui peuvent être réalisés depuis le 26 octobre et donnent un résultat en quelques dizaines de minutes. Ces tests doivent être intégrés aux chiffres officiels dans les prochains jours.

Autre élément qui incite à la plus grande prudence, l’origine de cette baisse. Si certains avancent les mesures de couvre-feu prises dès le 17 octobre en Ile-de-France et dans huit grandes métropoles, d’autres pensent que c’est l’effet des vacances de la Toussaint, et de l’arrêt de l’école durant deux semaines qui a ainsi ralenti la circulation du virus. L’évolution de l’épidémie dans les prochains jours devraient aider à mieux déterminer l’origine de cette baisse.

Des courbes à un niveau encore très élevé

Le niveau des courbes, encore très élevé est également un facteur de prudence. Si le taux d’incidence est en net recul, il reste tout de même au niveau du 19 octobre, date à laquelle des mesures de couvre-feu avaient été prises pour faire face à la hausse de la propagation du virus. A titre de comparaison, il y a deux mois, le 16 septembre, le taux d’incidence était de 106 cas pour 100 000 personnes, soit près de trois fois moins.

Même constat pour le taux de positivité des chiffres, qui est revenu aujourd’hui au niveau du 21 octobre, à près de 17% de tests positifs. Le 16 septembre, il y a deux mois, ce taux de positivité n’était que de près de 6%.

Véran appelle à la prudence

Une méfiance dont a conscience Olivier Véran, qui s’il a salué l’évolution positive de l’épidémie, a mis en garde. “Il est trop tôt pour crier victoire et relâcher nos efforts”, a rappelé le ministre de la Santé, alors que les appels à rouvrir les petits commerces se multiplient, à l’approche de Noël.

La crainte : qu’un relâchement n’entraîne un rebond de la circulation du virus, avant que la situation ne s’améliore dans les hôpitaux.

Car si le pic épidémique de la deuxième vague pourrait être derrière nous, le pic sanitaire n’a pas encore été atteint, la situation dans les hôpitaux continue de se dégrader.

À l’hôpital, la situation est encore très préoccupante

Si la croissance des hospitalisations et des admissions en réanimation ralentit, elle se poursuit tout de même. Ainsi, le 15 novembre, on recensait 33 050 personnes hospitalisées pour coronavirus, soit une hausse de 9% en une semaine. C’est la plus faible hausse des hospitalisations depuis un mois.

Même constat du côté des admissions en réanimations, dont le nombre continue de croître, mais à un rythme moins élevé que ces dernières semaines. 4 880 personnes étaient en service de réanimation le 15 novembre, soit une hausse de 7% en une semaine. La courbe, créée sur le site covidtracker.fr à partir des données de Santé Publique France, montre un ralentissement des admissions.

La courbe des patients en réanimation pour Covid-19.
La courbe des patients en réanimation pour Covid-19.

Un ralentissement qui devrait se traduire par une stabilisation des admissions dans les semaines qui viennent, la baisse du nombre de cas se faisant ressentir sur la pression hospitalière deux à trois semaines plus tard.

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