Covid-19: pourquoi le gouvernement surveille aussi la météo

Par le service politique de BFMTV
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Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran, le 17 février 2021 à l'Elysée - AFP / Ludovic Marin
Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran, le 17 février 2021 à l'Elysée - AFP / Ludovic Marin

Un avant-goût de printemps, un ras-le-bol général et des jours qui s'allongent: voilà un cocktail politiquement explosif pour l'exécutif, qui ne cesse d'appeler les Français à rester vigilants et mobilisés. L'inquiétude a été soulignée dès mercredi par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, lors de son point presse hebdomadaire, à l'issue du Conseil des ministres:

"La mobilisation de tous les Français est nécessaire pour faire face à l'épidémie. La situation reste préoccupante. Plus que jamais, le respect des règles sanitaires, du couvre-feu, des gestes barrières, sont un impératif majeur. (...) Je mesure qu'il est de plus en plus difficile à mesure que la météo s'adoucit, que les journées se rallongent, mais nous devons absolument maintenir ces efforts et tenir ensemble."

"C'est le moment de vérité"

En d'autres termes, le gouvernement veut freiner l'effet conjoint de la météo et de sa communication sur les chiffres épidémiologiques encourageants, trois semaines après le choix d'Emmanuel Macron de ne pas reconfiner le pays. Un pari politique remporté pour l'heure mais qui peut donner aux Français le sentiment que la fin du calvaire approche, alors que la pandémie est toujours bien présente et que le processus vaccinal prend à peine sa vitesse de croisière.

"Oui, c'est clairement un point de vigilance pour nous. On a un triple sujet: le beau temps, les journées qui s'allongent et la lassitude des Français vis-à-vis des restrictions", énumère un membre du gouvernement auprès de BFMTV.

"Les contrôles ont déjà augmenté, et oui ça va continuer. On nous a critiqués pour les images de voitures arrêtées sur le périph' avant 18 heures... mais ça a fait son effet", poursuit ce ministre, avant d'ajouter:

"Les semaines à venir, c'est le moment de vérité. Mais il faut être clair: aujourd'hui, dans les réunions, on ne travaille pas sur des mesures d'allègement. Plutôt sur d'éventuelles restrictions si la situation dérapait."

"Les gens respectent les gestes barrières"

Certains se veulent plus optimistes, comme ce conseiller de l'exécutif qui oscille entre prudence et notes d'espoir, jugeant que c'est "plutôt une bonne nouvelle quand il fait beau".

"Les gens aèrent davantage et restent moins confinés en intérieur. Les vagues de froid augmentent la propagation du virus et les vagues de douceur semblent le freiner. Cela dit, on reste prudent comme on l'est pour tous les week-ends, mais c'est une prudence mesurée, parce que les gens respectent très bien les gestes barrières", nous affirme-t-il.

Et d'observer que "les gens sur les quais de Seine (...) ont tous des masques et respectent tous la distanciation physique".

Bardella et Ruffin pointés du doigt

Beaucoup identifient un risque politique après avoir vu les tweets de François Ruffin et de Jordan Bardella, qui militent pour la levée du couvre-feu. Si le vice-président du Rassemblement natrional s'est contenté d'ironiser sur la caducité supposée du dispositif, le député La France insoumise de la Somme a feint de manier l'humour en affirmant devoir se raser avec du liquide vaisselle, faute de boutiques ouvertes. Un conseiller ministériel accuse les deux opposants de "surfer sur le ras-le-bol général".

"Je comprends qu'un artiste ou un restaurateur demande une levée des restrictions, mais un politique, je comprends beaucoup moins. (...) On comprend, on partage l'impatience des Français, mais il est irresponsable de laisser penser qu'on pourrait lever le couvre-feu maintenant", s'agace-t-il.

Le même conseiller insiste, "il est encore trop tôt pour relâcher les efforts, même s'il fait beau. On risquerait de le payer avec un reconfinement dans trois semaines". Et de conclure:

"La pression risque de devenir plus forte, mais on résistera à ceux qui disent, 'levons le couvre-feu aujourd'hui', comme on a résisté à ceux qui hier disaient, 'reconfinons le pays'."

Article original publié sur BFMTV.com