Covid-19 : pourquoi le Danemark abat des millions de visons

Par Slim Allagui, à Copenhague
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Visons morts dans un élevage de Farre, dans le sud du Jutland au Danemark, le 21 octobre 2020.  
Visons morts dans un élevage de Farre, dans le sud du Jutland au Danemark, le 21 octobre 2020.

Copenhague, 4 novembre, 16 heures. Le ton solennel, la voix grave, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, prononce l'arrêt de mort de la totalité des quelque 17 millions de visons élevés dans le royaume, premier producteur mondial de peaux de cette fourrure de luxe.

Une note de l'Institut de sérologie d'État (SSI) reçue quelques heures plus tôt a soufflé un air de désarroi : au moins 12 personnes ont été infectées par le Covid-19 via des visons du nord du pays, et le pire, selon les experts de SSI, c'est que le virus muté s'est avéré avoir une sensibilité réduite aux anticorps.

Menace sur un futur vaccin

« Des tests au laboratoire de SSI ont montré que 5 exemples de virus détectés dans des visons et 12 exemples de virus dans des êtres humains réagissent assez faiblement aux anticorps, ce qui est très, très grave, et on risque que le développement de futurs vaccins contre le Covid-19 soit compromis et que les effets de ces vaccins soient affaiblis et, dans le pire des cas, annulés », s'alarme Mme Frederiksen.

Tranchant dans le vif, la cheffe du gouvernement décide alors de sacrifier toute la filière, fleuron du Danemark avec un chiffre d'affaires de plusieurs milliards de couronnes par an. « Nous devons agir maintenant, car il s'agit de vie et de mort, non seulement au Danemark, mais dans le monde entier », dit-elle en ordonnant « l'abattage le plus rapidement possible, avec le concours de l'armée et de la protection civile, de tous les troupeaux de v [...] Lire la suite