Covid-19: le Portugal va décréter l'état d'urgence sanitaire

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Au Portugal, la majeure partie du pays sera reconfinée à partir de mercredi. Le gouvernement a l'intention de décréter l'état d'urgence sanitaire pour se donner les coudées franches dans ses efforts pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus.

« Nous proposons que soit déclaré l'état d'urgence à caractère préventif, pour lever les doutes juridiques », a déclaré le Premier ministre socialiste, Antonio Costa, à l'issue d'un entretien avec le président de la République, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa. C’est au président de la République qu’il revient de déclarer l'état d'urgence après consultation du Parlement.

L'exécutif veut notamment s'assurer qu'il peut légalement restreindre la liberté de circulation, instaurer des contrôles de température ou réquisitionner des employés des secteurs public et privé pour lutter contre la pandémie. Interrogé sur l'éventuelle imposition d'un couvre-feu, Antonio Costa affirmé qu'en état d'urgence « rien n'empêchera, si nécessaire, que la circulation soit limitée entre 23 heures et 6 heures du matin, avec des exceptions car certaines personnes travaillent en période nocturne ».

À partir de mercredi, 7,1 millions de Portugais, soit environ 70% de la population, seront reconfinés pendant au moins deux semaines, avait annoncé samedi soir le Premier ministre. Ce nouveau confinement sera toutefois moins strict que celui du printemps. Dès que possible, le télétravail deviendra obligatoire mais les écoles resteront ouvertes, ainsi que les restaurants et les commerces, même s'ils devront fermer plus tôt.

Journée de deuil national

Le pays, qui a pour la première fois dépassé la semaine dernière la barre des 4 000 nouvelles contaminations quotidiennes, a observé ce lundi 2 novembre une journée de deuil national en hommage à ses 2 544 victimes du Covid-19.

Lors d'une brève cérémonie au palais présidentiel, le président Marcelo Rebelo de Sousa et le Premier ministre, Antonio Costa, ont observé une minute de silence après avoir assisté à la mise en berne du drapeau portugais et écouté la garde d'honneur de la gendarmerie jouer l'hymne national.

Dans les rues de Lisbonne, les Portugais vaquaient à leurs occupations dans une ambiance normale, en dépit des mesures de plus en plus restrictives prises par les autorités pour freiner la propagation du nouveau coronavirus.

Pour éviter les rassemblements traditionnels à la Toussaint, le gouvernement avait déjà interdit jusqu'à mardi les déplacements non justifiés entre municipalités, et le port du masque dans la rue est devenu obligatoire.

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( Avec AFP )