Covid-19 : porter un masque usagé serait plus dangereux que de ne pas en porter du tout

Johanna Amselem
·3 min de lecture

Une nouvelle étude a révélé que les masques chirurgicaux utilisés ne peuvent filtrer que 25% des gouttelettes lorsqu’ils sont usés.

Les masques chirurgicaux ont une durée de vie de quatre heures. Que faut-il faire au-delà ? Selon une étude, porter un masque usagé représente un danger supérieur au fait de ne pas en porter du tout. Dans cette étude, les chercheurs ont examiné la protection des masques chirurgicaux à trois couches contre l'inhalation de gouttelettes infectées par le Covid-19, comme le rapporte le Daily Mail.

Grâce à leurs analyses, ils ont constaté que l’air chargé de minuscules aérosols ne pénètre pas dans la bouche et le nez à des points spécifiques, mais à travers toute la surface du masque à basse vitesse. Un modèle informatique a révélé que, lorsqu'ils sont nouveaux, les masques chirurgicaux peuvent filtrer 65% des gouttelettes et, lorsqu'ils sont utilisés, ils ne peuvent filtrer que 25%. Comment expliquer ce phénomène ? L'équipe pense que cela est dû au fait que la forme des masques peut changer à chaque utilisation et que le port d'un masque usagé peut être moins efficace que l'absence totale de masque.

VIDÉO - Une entreprise recycle les masques à usage unique

Cette étude a été menée par une équipe de l'Université du Massachusetts Lowell et de la California Baptist University (Etats-Unis). Les chercheurs ont constaté que lorsque les masques sont utilisés plusieurs fois, ils filtrent seulement un quart des minuscules gouttelettes. En effet, les masques se déforment à chaque utilisation. Selon les chercheurs, ces résultats prouvent que la forme du masque devrait être prise en compte lors de l'examen de leur protection et de la conception de nouveaux masques de protection. Pour cette étude, publiée dans la revue Physics of Fluids, l'équipe a développé un modèle informatique d'une personne portant un masque chirurgical à plis.

Comment l’air circule autour du visage ?

Il est naturel de penser que porter un masque, qu'il soit neuf ou ancien, devrait toujours être mieux que rien. Nos résultats montrent que cette croyance n'est vraie que pour les particules de plus de cinq micromètres, mais pas pour les particules fines de moins de 2,5 micromètres”, résume le co-auteur Dr Jinxiang Xi, professeur agrégé de génie biomédical à UMass Lowell.

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont examiné où les aérosols se sont posés sur le masque et le visage, et s'ils ont pénétré dans le nez ou les poumons. L'outil a montré que lorsque les gens portent des masques, cela modifie la façon dont l'air circule autour du visage. “Nous espérons que les autorités de santé publique renforceront les mesures préventives actuelles pour freiner la transmission du COVID-19, comme choisir un masque plus efficace, le porter correctement pour une protection maximale et éviter d'utiliser un masque chirurgical excessivement utilisé ou périmé”, a déclaré Xi. À l’avenir, les scientifiques aimeraient mieux comprendre comment la forme du masque peut impacter la protection.

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