Covid-19 : le point sur la chloroquine

La polémique autour de ce vieil antipaludéen annoncé comme prometteur contre Covid-19 n'en finit plus d'enfler. Alors que les données sont encore limitées, le Haut Conseil de santé publique en France recommande de ne pas l'utiliser, sauf pour les cas graves hospitalisés.

Le Haut Conseil de santé publique a approuvé l'utilisation de la chloroquine pour les cas graves hospitalisés de Covid-19 sur décision collégiale uniquement. Elle recommande de ne pas l'utiliser dans toutes les autres situations. A fortiori, les particuliers ne doivent surtout pas l'utiliser en dehors d'une prescription médicale circonstanciée, la molécule pouvant provoquer des effets secondaires très graves si elle est mal dosée. Pour exemple, (États-Unis) en tentant l'automédication à la chloroquine pour se prémunir de Covid-19. Son épouse, elle, est hospitalisée dans un état grave pour la même raison. 

Qu'est-ce que la chloroquine ?

C'est une molécule synthétique mise au point dans les années 1940, la plus utilisée dans le traitement préventif ou curatif du paludisme. Elle est aussi employée pour réduire l'inflammation dans certaines maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde. Sa marge thérapeutique est étroite, c'est-à-dire qu'il y a peu d'écart entre la dose utile et la dose toxique. Elle ne doit donc en aucun cas être prise hors prescription médicale. Mais ses effets secondaires indésirables sont parfaitement connus. Elle est ainsi commercialisée depuis 1949 par le laboratoire Sanofi en France sous le nom de Nivaquine. Son agoniste, l'hydroxychloroquine, est mieux toléré, et figure sur la liste des médicaments essentiels de l'OMS (2019). En France, c'est Sanofi qui la commercialise sous le nom de Plaquenil.

Pourquoi son utilisation contre Covid-19 fait débat ?

Les propriétés antivirales de ces deux molécules sont connues de longue date. Mais les effets prometteurs in vitro n'avaient jamais été reproduits en clinique, chez l'humain. Jusqu'à ce que des chercheurs chinois annoncent à la fin du mois de février  sur une centaine de malade de Covid-19. Parmi eux, le Pr Zhong Nanshan, découvreur du Sras, qui a joué un rôle déterminant contre l'épidémie de 2002, lorsqu'il était directeur de l'Ins[...]

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