Covid-19: Philippe "pas sûr" que le pays soit "prêt" pour des mesures localisées

Jules Pecnard
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Le Premier ministre Edouard Philippe arrive au palais de l'Elysée le 29 juin 2020 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le Premier ministre Edouard Philippe arrive au palais de l'Elysée le 29 juin 2020 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Selon Édouard Philippe, il s'agit d'un "paradoxe bien français", particulièrement flagrant en temps de crise sanitaire. Celui qui consiste à exiger des décisions lisibles de la part de l'État tout en attendant que des mesures plus spécifiques soient appliquées au niveau local. C'est la voie choisie par le gouvernement depuis le début de la deuxième vague d'épidémie de Covid-19, les zones les plus frappées par le virus se voyant imposer un couvre-feu à partir de 21 heures.

Auditionné mercredi par la commission des Lois de l'Assemblée nationale, l'ancien Premier ministre a disséqué cette difficile "harmonisation des décisions entre les échelons locaux et les échelons nationaux". "Chacun a évidemment ressenti la nécessité d'adapter le dispositif à la réalité locale", a-t-il rappelé.

"Derrière cette demande permanente (...) d'adaptation locale, vous avez une demande qui est aussi permanente et aussi justifiée, d'égalité et de lisibilité de la part de nos concitoyens, et même de la part de nos élus locaux", a souligné Édouard Philippe, redevenu maire du Havre depuis son départ de Matignon.

"Quelque chose qui ne fonctionne pas"

Et l'ex-chef du gouvernement de résumer le dilemme à une question à laquelle, comprend-on, il a été confronté à maintes occasions durant le printemps, lorsque sévissait la première vague d'épidémie:

"Comment? Vous imposez à tel endroit une mesure, alors qu'à tel autre, où la situation est identique, peut-être même pire, (...) vous imposez autre chose?"

Selon Édouard Philippe, "on a là le receptacle, la recette, les ingrédients, pour quelque chose qui ne fonctionne pas". De quoi s'interroger sur ce que vaut, à ses yeux, la stratégie pour laquelle ont opté Emmanuel Macron, Jean Castex et Olivier Véran.

"Nous avons constaté, que ce soit au moment du confinement, comme au moment du déconfinement, comme au moment actuel de gestion de la crise, qu'entre la décentralisation extrême et les règles nationales claires, précises, lisibles, il y avait une espèce d'oscillation, critique souvent, peut-être imparfaite, (...) à laquelle je ne suis pas certain que notre pays soit totalement prêt de trancher", a-t-il développé. "En tout cas nos concitoyens, je ne suis pas sûr."

Pour l'ancien Premier ministre, interrogé pendant plus de 2h30 par la commission d'enquête dirigée par le député LR Eric Ciotti, ce phénomène est "très agaçant et limitant dans une période de crise".

Article original publié sur BFMTV.com