Covid-19: forte baisse de la mobilisation contre le pass sanitaire avec 54.000 manifestants en France

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Les manifestants anti-pass réunis au Trocadéro à Paris ce samedi 15 janvier 2022. - GEOFFROY VAN DER HASSELT
Les manifestants anti-pass réunis au Trocadéro à Paris ce samedi 15 janvier 2022. - GEOFFROY VAN DER HASSELT

"Djokovic résistant", "Liberté", "Non au vaccin": 54.000 opposants au pass sanitaire, qui va devenir un pass vaccinal, ont manifesté samedi en France, le jour-même où de nombreuses désactivations devaient avoir lieu faute de rappel de vaccin anti-Covid. Un chiffre en forte baisse par rapport à samedi dernier, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, où quelque 105.200 personnes s'étaient réunies. Au total ce samedi, 170 manifestations et rassemblements ont eu lieu dans toute la France,

À Paris, 7000 personnes ont marché contre le pass sanitaire ce samedi, quatre actions étaient organisées et 6 personnes ont été interpellées dans la capitale. Le plus important cortège était celui du mouvement Les Patriotes, du candidat pro-Frexit à la présidentielle Florian Philippot, qui a rassemblé 5800 manifestants. Il s'est élancé vers 15 heures du Trocadéro, sous un soleil radieux, alors que trois manifestations de gilets jaunes avaient lieu ailleurs dans la capitale: ils ont rassemblé 1200 personnes.

Ailleurs en France, 166 manifestations et rassemblements ont eu lieu, réunissant 47.000 participants. 6 personnes ont également été interpellées.

Des manifestants hostiles aux vaccins

Les intervenants à la tribune ont fait scander à la foule des "Liberté Djokovic", en serbe: des encouragements destinés au champion de tennis que le gouvernement australien ne veut pas laisser entrer sur son sol pour l'Open d'Australie car il n'est pas vacciné. Un soutien partagé à l'autre bout de la France: "Novak (Djokovic), c'est un peu notre porte-drapeau en ce moment", a assuré à l'AFP Pascal, qui manifestait à Bordeaux.

Venu avec une poignée de parents d'enfants inscrits dans une école de tennis de l'agglomération bordelaise, il dit vouloir soutenir l'entraîneur du club qui va perdre son emploi car il ne veut pas se faire vacciner.

À Paris, de nombreux drapeaux français, des drapeaux régionaux - corse, breton... - et quelques bannières à fleurs de lys flottaient au vent. Certains manifestants se réclamaient de mouvements d'extrême droite comme les intégristes catholiques de Civitas.

La plupart des banderoles affichaient une hostilité à la fois au pass et aux vaccins eux-mêmes: "C'est pas un virus qu'ils veulent contrôler, c'est vous" à Paris, ou "Démocratie en danger", "Vaccin toxique" à Rennes...

"C'est le nazisme, l'apartheid, je ne suis pas piquée et je suis contre les vaccins en général", s'agaçait Claire, une sexagénaire interrogée à Paris par l'AFP, en dénonçant pêle-mêle "un système corrompu" et des "médias instrumentalisés".

"Des lois qui deviennent liberticides"

Non loin, Laurence et Anne-Sophie affichaient un discours plus mesuré en brandissant une banderole "Mères en colère": "Nous sommes vaccinées, on prend notre part de cette solidarité, mais nous sommes contre le pass pour les ados et nous ne voyons pas pourquoi on les vaccine puisqu'ils ne sont pas à risque".

"Je suis là contre les lois qui deviennent liberticides", expliquait pour sa part Rohan, travailleur social de 28 ans, dans la manif lilloise.

"Je ne mets pas en cause le fait qu'il y a une maladie, mais là ce sont des prétextes sanitaires pour diviser les gens et mettre en place une ségrégation", estimait quant à elle Céline, 47 ans, qui défilait à Toulouse.

Pour tous ces manifestants, l'enjeu était de faire au moins aussi bien que le samedi précédent. Dans la foulée des déclarations d'Emmanuel Macron, décidé à "emmerder" les non-vaccinés, 105.200 manifestants avaient alors été comptabilisés par le ministère de l'Intérieur dans toute la France, quatre fois plus que les 25.500 de la précédente mobilisation le 18 décembre.

Ce samedi, les manifestants étaient 1300 à Lyon, 1140 à Nantes, 1000 à Bordeaux, 950 à Rennes, 750 à Marseille, 650 à Clermont-Ferrand, selon la police ou les préfectures.

Le projet de loi adopté dans la nuit

Quelques heures avant ces manifestations, les députés ont adopté dans la nuit le projet de loi controversé transformant le pass sanitaire en pass vaccinal en deuxième lecture. Les débats ont repris au Sénat, avant un ultime vote de l'Assemblée nationale dimanche après-midi.

Le pass est présent sur un troisième front ce week end: faute de rappel anti-Covid, des dizaines de milliers de pass sanitaires devaient être désactivés samedi, date-butoir fixée en novembre.

Désormais, il faut avoir fait son rappel au plus tard sept mois après la précédente injection, sinon le pass est désactivé. Ce délai sera même réduit à quatre mois le 15 février.

En théorie, quelque 560.000 personnes étaient susceptibles de perdre leur pass samedi, selon le ministère de la Santé. Mais le chiffre réel est difficile à déterminer, notamment car on ne peut distinguer les gens qui ont été infectés sans le notifier dans l'application TousAntiCovid, ce qui prolonge la validité de leur pass.

"C'était urgent", a déclaré à l'AFP Juan Fernandez, 32 ans, après s'être fait vacciner à Paris dans la matinée, juste avant de perdre son pass. "Quand on sort, à chaque fois on a besoin du pass sanitaire, je l'ai fait plutôt pour ça".

Article original publié sur BFMTV.com

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