Covid-19: un Noël pas comme les autres et confiné à Bethléem et Gaza

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La pandémie de Covid-19 plombe les fêtes de fin d’année partout dans le monde et Bethléem et Gaza n'échappent pas à la règle. Dans la ville de Noël par excellence, où serait né l’enfant Jésus selon la tradition chrétienne, les célébrations se sont déroulées le 24 décembre au soir à huis-clos et les croyants les ont suivies en ligne, les rassemblements publics étant interdits.

De notre envoyée spéciale à Bethléem, Alice Froussard

Les célébrations à Bethléem ayant eu lieu à huis-clos, la plupart des Palestiniens et des croyants du monde entier ont suivi la messe de nuit en ligne, derrière l’écran. Quelques centaines de personnes à peine étaient présentes, gardant leurs distances et masquées. Si le président palestinien était absent, des diplomates, journalistes et des locaux ont fait acte de présence.

Malgré les circonstances, le message délivré dans son homélie de minuit par le patriarche latin de Jérsualem était un message de paix, d’amour, de vie et d’espoir surtout. Il a insisté sur la nécessité de changer notre style de vie, et de passer Noël en se concentrant sur l’essentiel.

Pas la foule habituelle en raison du couvre-feu

Rien à voir avec les années précédentes, où des milliers de personnes, venues du monde entier, se déplaçaient à Bethléem pour célébrer Noël.

Pas de cars de touristes étrangers qui s’engouffrent dans la ville, pas de grands groupes de pèlerins, pas de foule compacte sur la place de la Mangeoire… Même les habitants se sont faits rares en raison du couvre-feu nocturne et des restrictions du week-end pour contrôler la pandémie de coronavirus.

Une fanfare de scouts palestiniens a quand même défilé dans les rues de Bethléem, jeudi 24 décembre, suivis par le public - quelques habitants seulement et des journalistes - derrière des barrières. Les scouts ont alors défilé de la rue de l’Étoile jusqu’à la Basilique de la Nativité, comme le veut la tradition. Car c’est la route qu’aurait emprunté Marie avant de donner naissance à l’enfant Jésus.

Le patriarche latin de Jérusalem a fait de même, visage masqué, devant une marée de caméras, avant de célébrer la fameuse messe de minuit.

Triste Noël aussi pour la Bande de Gaza, restée sous cloche

Les chrétiens de la bande de Gaza sont à peu près un millier sur les 2 millions d’habitants. Un nombre en baisse constante depuis 2007 et l’arrivée du Hamas au pouvoir.

D’habitude, Noël est presque la seule période où les habitants peuvent sortir de l’enclave côtière sous blocus. Une ouverture synonyme de bouffée d’oxygène. Chaque année, ils ont droit à des permis israéliens pour pouvoir se rendre à Jérusalem, à Nazareth, ou encore à Bethléem pour célébrer la naissance de Jésus. En 2019, les autorités israéliennes avaient déjà menacé de ne pas donner l’autorisation pour des motifs sécuritaires… mais avaient finalement délivré les permis à la dernière minute.

Aucun permis cette année : les chrétiens devront donc rester à Gaza, en raison de la pandémie et pour éviter la propagation du virus. Et à cause du confinement imposé par les autorités locales, les églises de Gaza sont également fermées : les prières et les messes ont lieu seulement en ligne.