Covid-19: «nette augmentation» du nombre de contaminations en Centrafrique

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Le nombre de contaminations au Covid-19 en « nette augmentation » depuis le début de cette année selon l’OMS et le ministère de la Santé. Il est trop tôt pour parler de « nouvelle vague », estime l’organisation. Ce qui inquiète les autorités, c’est l’augmentation des cas symptomatiques et de formes graves de la maladie.

Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Florence Morice

C’est un appel à la « vigilance » que lance l’OMS. Le nombre de cas de Covid-19 confirmés reste relativement faible en Centrafrique. 5 170 depuis le début de l’épidémie… Mais il est en forte hausse ces dernières semaines. Et l’augmentation du nombre de tests pratiqués, ne suffit pas à l’expliquer, pour Severin von Xylander, représentant de l’OMS dans le pays.

« En janvier, on avait 25 cas symptomatiques et en mars — qui n’est même pas fini — on est déjà à 158. Et si vous comparez les asymptomatiques, on avait 29 et l'on est à 180. Donc certainement pour les asymptomatiques, c’est surtout lié à la stratégie de dépistage. Mais pour les symptomatiques il y a clairement une augmentation, ce qui est d’ailleurs conforme aux tendances dans d’autres pays de l’Afrique subsaharienne. »

Inquiétudes concernant une éventuelle présence de nouvelle souche

Et c’est bien cette tendance qui inquiète le ministre centrafricain de la Santé, Pierre Somse. Comparée à 2020, la proportion de ceux qui déclarent effectivement la maladie parmi le nombre de personnes contaminées a augmenté : une dizaine de cas en moyenne par jour désormais.

« On a des cas hospitalisés qui sont assez compliqués, on a quand même un nombre de décès qui est important. Et l'on se pose beaucoup de questions. On se demande pourquoi la vulnérabilité serait subitement aggravée, alors que l’an dernier le nombre de personnes qui tombaient malades se comptaient sur le bout des doigts, s'interroge le ministre de la Santé. Ça peut être la circulation de nouvelles souches qui sont plus virulentes. Une recherche est en cours avec l’Institut Pasteur. Nous entendons également envoyer des prélèvements dans d’autres pays étrangers pour faire le point des variantes en circulation dans le pays. »

Les autorités ont renforcé leur surveillance épidémiologique. Mais le ministre déplore le manque de respect des gestes barrières et la réticence de certains malades à se rendre dans les centres de traitements dédiés au Covid-19 pour se faire soigner. Il craint donc que le nombre de décès soit en réalité « beaucoup plus important » que celui recensé.