Royaume-Uni : Matt Hancock, le ministre de la Santé, démissionne

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Le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock, a annoncé sa démission samedi, reconnaissant avoir enfreint des mesures sanitaires contre le Covid-19. Des images publiées dans la presse l'ont en effet montré en train d'embrasser une conseillère, à une période où les accolades étaient interdites.

Figure-clé de l'action gouvernementale contre la pandémie, Matt Hancock a annoncé sa démission samedi 26 juin, pour avoir violé les restrictions contre le Covid-19 au cours d'une liaison avec une conseillère, étalée dans tous les médias.

"Nous nous devons d'être honnêtes envers les gens qui ont tant sacrifié pendant cette pandémie, quand nous les avons déçus comme je l'ai fait en enfreignant les consignes", a-t-il écrit dans sa lettre de démission remise au Premier ministre Boris Johnson, réitérant ses excuses.

"Vous devriez quitter vos fonctions très fier de ce que vous avez réalisé, pas seulement en vous attaquant à la pandémie mais aussi avant que le Covid-19 ne nous frappe", lui a répondu Boris Johnson, se disant "désolé" de son départ du gouvernement.

Ce départ intervient à un moment où le Royaume-Uni, endeuillé par plus de 128 000 morts, est confronté à une flambée de contaminations attribuée au très contagieux variant Delta. Ce pays est engagé dans une course contre la montre : vacciner le plus largement possible afin de pouvoir lever en juillet les dernières restrictions en vigueur.

Remplacé par l'ancien ministre des Finances

Matt Hancock est remplacé par Sajid Javid, 51 ans, ancien ministre des Finances de Boris Johnson, a annoncé Downing Street. Il revient ainsi au gouvernement après en avoir claqué la porte début 2020, mécontent des conditions imposées dans l'exercice de son portefeuille.

Cet ex-banquier et fils d'un ancien chauffeur de bus pakistanais avait auparavant été le premier membre d'une minorité ethnique à prendre la tête du ministère de l'Intérieur sous le gouvernement conservateur de Theresa May.

Soupçons de conflits d'intérêts

Le tabloïd The Sun avait publié vendredi, en Une, une image capturée par une caméra de surveillance montrant Matt Hancock, marié et père de trois enfants, embrasser Gina Coladangelo, une amie de longue date dont la discrète embauche avait déjà fait polémique. La scène a eu lieu dans son bureau le 6 mai, à un moment où les accolades étaient interdites.

Matt Hancock avait présenté des excuses et le chef de gouvernement lui avait dans un premier temps apporté son soutien, jugeant le sujet "clos".

Mais le journal a enfoncé le clou samedi, en diffusant sur son site internet la vidéo issue de la caméra de surveillance. Les appels à la démission de Matt Hancock se sont alors multipliés, notamment en provenance des partis d'opposition.

Le principal d'entre eux, le Parti travailliste, s'était aussi interrogé sur un possible conflit d'intérêts dans la nomination au ministère de Gina Coladangelo, une lobbyiste que Matt Hancock connaît depuis l'université et qui dirige actuellement la communication d'une chaîne de boutiques fondée par son mari. Cette nomination n'avait pas été déclarée avant d'être révélée par la presse.

"Matt Hancock a raison de démissionner. Mais Boris Johnson aurait dû le renvoyer", a ainsi réagi sur Twitter Keir Starmer, le chef du Parti.

Avec AFP

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