Covid-19 : des manquements sanitaires dans la zone d'attente de Roissy réservée aux étrangers

À l'aéroport de Roissy (Val-d'Oise), la ZAPI, zone d'attente pour les personnes en instance, est un lieu privatif de libertés, surveillé par la police aux frontières. Près de 130 personnes sans papier et demandeurs d'asile y transitent, sans gel ou savon en libre-service, sans aération ni geste barrière. Des conditions jugées dangereuses par la Croix-Rouge et l'Anafé, l'association nationale d'assistance aux étrangers. Elles viennent de se retirer. "Les conditions sanitaires minimales ne sont pas respectées dans la zone d'attente de Roissy, ce que l'on dénonce depuis plusieurs semaines, indique la directrice de l'Anafé, Laure Palun. Du coup, les personnes qui sont enfermées mais également le personnel qui intervient sont mis en danger, et il n'y a aucune sanction de ces conditions par les juridictions." 87 Indiens enfermés dans la zone d'attente Le retrait des associations a été salué par Me. Sonia Boundaoui, avocate au barreau de Bobigny (Seine-Saint-Denis), qui dénonce depuis des semaines le danger sanitaire dans cette zone d'attente, oubliée des autorités. "Une association qui remporte des marchés publics et qui normalement travaille de concert avec l'Etat, qui [ne se sent] plus en sécurité et refuse que [ses] agents soient envoyés au charbon dans une zone où l'on sait que c'est un cluster véritable, (…) ça interpelle, évidemment", estime l'avocate. Selon Mediapart, qui a révélé l'affaire, 87 Indiens seraient enfermés dans la zone d'attente de Roissy.