Covid-19: malgré des pertes colossales, EasyJet reste optimiste

·3 min de lecture

La compagnie aérienne britannique a perdu près d’un milliard d’euros cette année à cause de l’épidémie de coronavirus qui a cloué les avions au sol et plongé tout le secteur aérien dans la crise.

Le groupe britannique a perdu près d’un milliard d’euros, pour l’exercice s’achevant au 30 septembre cette année. La pandémie a en effet cloué les avions au sol et plombé les comptes de tout le secteur.

EasyJet avait d’ailleurs prévenu, en octobre dernier, qu’elle subirait les pertes les plus importantes de son histoire. Cette année, et malgré la reprise de l’activité cet été, la compagnie a transporté environ 48 millions de passagers. C’est deux fois moins qu’en 2019. Ses recettes s’élèvent à seulement 3,3 milliards d’euros, cette année.

EasyJet optimiste

Johan Lundgren, le patron du transporteur britannique, assure toutefois que son entreprise a « non seulement résisté aux conséquences de la pandémie », mais qu’elle dispose « de fondations sans pareilles pour émerger forte de la crise ».

« Si les chiffres sont affreux à lire, EasyJet a été agile dans la restructuration de son activité là où c'était possible », reconnaît sur l’AFP, Richard Hunter, analyste du courtier en ligne Interactive Investor.

Il faut dire qu’EasyJet a taillé dans ses dépenses et a licencié 4 500 personnes, soit près d’un tiers de ses effectifs. De plus, l’entreprise compte vendre onze avions A320 pour 145 millions d’euros, histoire de renforcer sa trésorerie. Elle assure aussi avoir levé plus de 2 milliards 600 millions d’euros de liquidités sur l'ensemble de l'exercice.

Fort de tout cela et même si la compagnie ne pense pas voler à plus de 20 % de sa capacité, début 2021, elle se dit prête à accélérer la cadence dès que la demande reviendra.

Même le spectre d’un Brexit dur au 1er janvier 2021 ne lui fait pas peur. Comme l’union fait la force, le groupe explique s’être structuré financièrement « en groupe aérien pan-européen avec trois certificats au Royaume-Uni, en Autriche et en Suisse ». Au total 45% des actifs d’EasyJet sont détenus par des Européens.

Un secteur rudement éprouvé

EasyJet n’est hélas pas le seul transporteur à souffrir des retombées de la pandémie. Fortement ébranlées par les annulations massives de vols dues au confinement, les compagnies ont pour certaines accusé jusqu’à 90 % de baisse d’activité.

Grand concurrent d’EasyJet, l’Irlandais Ryanair est lui aussi tombé dans le rouge cette année. Autre exemple, l’Allemand Lufthansa, numéro un en Europe, a perdu 2 milliards d’euros net au troisième trimestre. Si le fret s’est toujours bien porté, l’entreprise a survécu grâce à l’aide financière de l’Etat allemand.

L’activité d’Air France-KLM, est elle aussi au plus bas. Le groupe franco-néerlandais perdrait jusqu’à 15 millions par jour et a dû revoir ses perspectives à la baisse. Elle s’attend a un repli de 60 % en décembre, alors qu’elle l’estimait à seulement 20% par rapport à 2019.

Même les compagnies du Golfe, concurrents redoutables du secteur, sont en difficulté. Emirate, pour sa part, perd de l’argent pour la première fois en trente ans.

►À lire aussi : La crise du transport aérien provoque une hécatombe de suppression d’emplois