Covid-19: Le Maire affirme que le tri des malades dans les hôpitaux est une "ligne rouge absolue"

Par Jules Pecnard avec Philippe Corbé et AFP
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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, à l'Elysée le 27 janvier 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, à l'Elysée le 27 janvier 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

L'inquiétude ne cesse de grimper au sommet de l'État. Alors que le nombre de cas de Covid-19 dans les hôpitaux ne cesse d'augmenter, Bruno Le Maire a déclaré ce mardi que le tri des malades était "une ligne rouge absolue". Invité de la radio RCJ, le ministre de l'Économie et des Finances a ainsi signifié que le gouvernement souhaitait à tout prix éviter une telle extrémité.

"Nous sommes tous touchés, bouleversés par ce que nous voyons comme témoignages de soignants, de médecins, devant les difficultés qui sont les leurs, devant l'augmentation du nombre de cas en réanimation (...) et nous voulons tout faire pour que leur situation puisse être la plus tenable possible. Il y a une ligne rouge absolue, c'est le tri des malades", a-t-il affirmé.

Et d'insister: "Nous ne voulons certainement pas arriver à un point où les personnels hospitaliers seraient obligés de faire le tri dans les malades."

"Ce n'est pas un pari"

Avec plus de 4970 malades en réanimation lundi, le pic de la deuxième vague épidémique de l'automne a été dépassé en France. Dans deux tribunes distinctes publiées dans les colonnes du Journal du Dimanche et du Monde, des médecins hospitaliers ont alerté sur ce remplissage des services de réanimation, en craignant que cela ne les oblige à trier les patients faute d'un nombre de lits suffisant pour les accueillir tous.

Interrogé sur la stratégie du gouvernement de ne pas avoir reconfiné plus tôt pour éviter une flambée de l'épidémie, le ministre de l'Économie a défendu le "choix" de l'exécutif.

"Ce n'est pas un pari que nous avons fait (...), c'est un choix (...) de préserver les Français le plus longtemps possible, d'éviter des mesures de restrictions sanitaires trop contraignantes", sur l'économie, la situation sociale et le moral des Français, a-t-il argumenté.

"Il faudra prendre des mesures"

La suite est plus intéressante. "Tant que cela a été possible, nous avons tenu ce choix", a encore affirmé Bruno Le Maire, alors que le président de la République a affirmé dimanche que "rien" n'était décidé sur un éventuel tour de vis supplémentaire dans les 19 départements les plus touchés.

Le recours au passé composé du locataire de Bercy donne quelques indications quant à l'état d'esprit actuel du gouvernement. Si ce dernier a tenu sa ligne "tant que cela a été possible", cela induit que, potentiellement, cette ligne a désormais vécu.

Contacté par BFMTV, l'entourage de Bruno Le Maire le confirme indirectement, constatant que "tout le monde voit bien qu'il faut faire quelque chose". "Il faudra prendre des mesures", ajoute cette source auprès de BFMTV.

À défaut de dévoiler le moindre élément sur ce qui est prévu dans les prochaines semaines, ces propos montrent bien que l'exécutif se tient prêt à toute éventualité.

Article original publié sur BFMTV.com