Madagascar: nouveau coup d'arrêt pour le tourisme à Nosy Be

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Après un regain de cas de coronavirus dans les zones touristiques, Madagascar ferme ses frontières aux passagers de 16 pays, dont neuf européens. Alors que la réouverture des frontières par les autorités à Nosy Be depuis le 1er octobre avait redonné espoir à cette île qui vit principalement du tourisme, cette décision sonne comme un coup d'arrêt pour les opérateurs du secteur de l'archipel.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

La reprise était timide depuis la réouverture des frontières il y a trois semaines, mais les opérateurs touristiques de Nosy Be, l'île principale d'un archipel d'îlots paradisiaques au large de la côte nord-ouest de la Grande Terre, avaient bon espoir.

Une reprise qui semble tomber à l'eau avec ces nouvelles restrictions de passagers. « Nous étions très enthousiastes d'être permis de rouvrir notre frontière et tout d'un coup il y a cette information. Nous sommes déçus et cela va beaucoup freiner la reprise à l'avenir, surtout que nous pensions qu'au mois de décembre il y aurait beaucoup de clients, comme d'habitude. Mais là il n'y a pas d'espoir », se désole Nirina Annika, la responsable de l'agence Nosy Be Original, organisatrice d'excursions.

Huit mois sans travail ni argent

Cette fermeture des frontières concerne 16 pays, dont neuf européens. On peut citer notamment l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni, l’Ukraine ou encore la Russie. Des zones dont sont originaires les touristes qui se rendent sur l'archipel explique Hermann, guide local à Nosy Komba. « La plupart de nos clients ici sont des Européens. Quand on a entendu que les vols en provenance de ces pays ne seraient pas autorisés à venir ici, tous les habitants étaient complètement abattus, explique-t-il. Nosy Komba vit à 100% du tourisme. Au début du mois, quand on a commencé à voir les touristes arriver, même s'ils étaient peu, ça nous a donné beaucoup d'espoir. Mais là, on ne sait plus quoi faire. Ça fait presque huit mois qu'on n'a pas de travail et pas d'argent. On n'a reçu aucune aide. J'essaie de faire quelques cultures pour m'en sortir parce qu'il n'y a pas de client dans le tourisme. »

Une restriction de passagers que certains hôteliers peinent à comprendre. Les mesures sanitaires pour éviter la propagation du coronavirus sont stricts, font-ils remarquer : entre autres, des tests PCR obligatoires avant le départ et à l'arrivée sur place. Puis un confinement à l'hôtel le temps d'attendre les résultats.