Covid-19: l'Italie inquiète face aux variants et aux attroupements du week-end

S.B.-E.
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Des gens marchent le long du canal Naviglio à Milan, le 6 février 2021. (Photo d'illustration) - Miguel Medina - AFP
Des gens marchent le long du canal Naviglio à Milan, le 6 février 2021. (Photo d'illustration) - Miguel Medina - AFP

L'inquiétude est montée d'un cran ce week-end en Italie face à la propagation des variants du coronavirus et aux attroupements dans les grandes villes, favorisés par une météo particulièrement clémente.

"Je suis inquiet évidemment. Le regain des contagions est dû en grande partie au variant anglais", a estimé Massimo Galli, l'un des plus éminents virologues italiens, qui exerce à l'hôpital Sacco de Milan, dans un entretien publié dimanche par le quotidien romain Il Messaggero. "Toutes les données vont dans la direction de l'augmentation des nouveaux cas".

Une impossible distanciation sociale

En dépit de l'appel à "rester chez soi" lancé vendredi par l'Institut supérieur de la santé (ISS), l'organisme chargé de conseiller le gouvernement dans la lutte contre le Covid, des foules se sont déversées dans les rues, parcs et fronts de mer de plusieurs villes italiennes pour profiter du temps particulièrement ensoleillé et clément régnant ce week-end sur la péninsule.

Samedi et dimanche à Rome, la Via del Corso, l'une des principales artères commerçantes du centre historique, a dû être fermée au public: l'afflux de passants était tel qu'il empêchait le maintien de la distanciation sociale.

Mêmes scènes d'attroupement dans les autres grandes villes, notamment à Milan le long des Navigli, les canaux ponctués de bars et restaurants du centre-ville, et à Naples sur le front de mer, pris d'assaut par les habitants, tandis que les plages et bars d'Ostie, la localité balnéaire la plus proche de Rome, étaient aussi envahis par les badauds.

Neuf régions classées en zone "orange"

Dimanche, face à la progression des variants, trois régions italiennes classées "jaune" (risque modéré) sont passées officiellement en "orange", (risque moyen): l'Emilie-Romagne (région de Bologne, nord), la Campanie (région de Naples, sud), et la petite région de Molise (centre). Au total, neuf régions sur une vingtaine sont classées "orange", toutes les autres étant "jaune". Le passage en "orange" implique notamment des limitations drastiques aux déplacements hors de sa propre commune et la fermeture au public des bars et des restaurants, qui dans les régions "jaune" peuvent accueillir des clients jusqu'à 17h GMT.

En outre, certaines régions ont créé des zones "rouge" (risque élevé) dans certaines parties de leur territoire, comme l'Ombrie (centre), le Haut-Adige (nord) et le Latium (région de Rome), qui a ainsi décidé d'isoler les communes de Colleferro et Carpineto Romano, situées aux portes de la capitale italienne, "à cause de la forte incidence et de la présence du variant anglais".

Entre 40 à 50% des cas positifs aux variants

Selon une étude du Conseil national de la Recherche (CNR) citée dimanche par le journal La Repubblica, les variants représenteraient entre 40 et 50% du total des cas positifs dans les régions ayant enregistré une hausse rapide des cas. Ce serait notamment le cas des Abruzzes (sud), des Marches, de la Toscane, de l'Ombrie (centre), du Haut-Adige et du Trentin (nord).

L'Italie a enregistré dimanche 13.452 nouveaux cas et 232 décès. Depuis le début de pandémie, le bilan est de 2,8 millions de cas et 95.718 morts.

Article original publié sur BFMTV.com