Covid-19: l'Afrique du Sud passe la barre du million de cas et rend le masque obligatoire

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L’Afrique du Sud, pays le plus touché du continent par le coronavirus, a franchi, ce week-end, la barre du million de cas recensés depuis le début de l’épidémie. Le pays connaît actuellement une seconde vague, avec une variante du virus qui semble être plus contagieuse et responsable de la majorité des nouveaux cas. De nouvelles restrictions ont été annoncées, ce lundi 28 décembre, par le président Cyril Ramaphosa.

Avec notre correspondante à Johannesburg, Claire Bargelès

Le record de 14 000 cas quotidiens a été atteint, la semaine dernière, et l’Afrique du Sud compte désormais plus de 27 000 morts. Alors que les fêtes de fin d’année et les grandes vacances d’été engendrent des rassemblements, ainsi que le relâchement des mesures sanitaires, le gouvernement a décidé de resserrer la vis, à quelques jours du Nouvel An.

Cyril Ramaphosa s’est adressé, dans la soirée du lundi 28 décembre, à la Nation. Malgré cette période de l’année censée être festive, le président a indiqué, visiblement ému, qu’il y avait « peu de choses à célébrer cette année », alors que la situation est de plus en plus préoccupante.

Les masques se font de plus en plus rares

Depuis le début du mois, le gouvernement se contentait de rappeler régulièrement l’importance des gestes barrières. Cependant, les masques ont continué à se faire plus rares dans les lieux publics, et les fêtes se sont multipliées en cette fin d’année, rassemblant parfois des centaines de personnes.

L’accélération des infections et l’apparition de cette variante du virus auront donc poussé le gouvernement à durcir le ton. « Nous avons baissé notre garde et nous en payons désormais le prix », a affirmé le chef de l’État.

État d'alerte niveau 3 et mesures plus strictes

À partir de ce lundi soir minuit, le pays – jusqu’à présent en niveau 1 d’alerte sanitaire – repasse en niveau 3, ce qui implique le retour de mesures plus strictes. En premier lieu figure l’interdiction de la vente d’alcool, à nouveau mise en place pour éviter que les lits d’hôpitaux, déjà submergés, soient occupés par des accidents.

Sauf quelques exceptions, les rassemblements, en intérieur ou en extérieur, sont à nouveau interdits pour 14 jours, et le couvre-feu s’étend de 21h00 à 6h00 du matin. Les voyages inter-provinçiaux sont également interdits, et les commerces non-essentiels sont fermés. Le président encourage ainsi les Sud-Africains à trouver d’autres façons de fêter la Saint-Sylvestre. À titre d'exemple, Cyril Ramaphosa propose de délaisser les feux d'artifices et d'allumer des bougies à minuit « à la mémoire de ceux qui ont perdu la vie et en gommage à ceux en première et qui travaillent à (nous) protéger, en reconnaissance des grands sacrifices qu'ils ont fait » Il indique enfin que le non-port du masque dans un lieu public est désormais une infraction pénale.

Depuis Noël, plus de 50 000 personnes qui ont été testées positives. Le président a rappelé que les fêtes et la consomation excessive d'alcool avaient été des accélérateurs de contamination. Des reproches que le ministre de la Santé, Zweli Mkhize, avait adressé à la population samedi, tentant de la responsabiliser :

« En ce moment, les gens profitent des vacances, se réunissent dans des endroits bondés, font la fête. Les gens ont oublié le masque, ils s'amusent et se rapprochent. Ce sont des choses qui aggravent la situation. Certains semblent penser que le masque ne vaut pas la peine d'être utilisé, et c'est ça qui rend la situation encore pire. »

Ce nouveau tour de vis intervient alors que la population craint un nouveau confinement. Celui de mars avait été particulièrement éprouvant.

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